PERSPECTIVES

Perspectives du marché mondial 2019 — Mise à jour du T3 :
Le syndrome chinois

La relance chinoise, l’assouplissement de la politique des banques centrales mondiales et un cessez-le-feu dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pourraient créer les conditions propices à un redressement de l’économie mondiale, plus tard cette année. Toutefois, l’inversion de la courbe de rendement américaine et la tendance à la baisse des indicateurs de confiance des entreprises nous incitent à la prudence en milieu d’année.

L’inversion de la courbe de rendement, l’incertitude liée à la guerre commerciale et la faiblesse des données mondiales militent en faveur de la prudence. Par ailleurs, l’assouplissement de la politique de la Réserve fédérale américaine (Fed), la relance chinoise et un accord commercial entre les États-Unis et la Chine pourraient engendrer une autre période de croissance. Mais le cycle étant déjà avancé et les risques de baisse excédant le potentiel de hausse sur les marchés des actions, il serait périlleux de miser sur une issue favorable aux marchés en ce milieu de 2019.

Les marchés des obligations et des actions délibèrent. Les marchés obligataires entrevoient une escalade de la guerre commerciale, de faibles données économiques mondiales et une diminution de l’inflation. Les marchés des actions envisagent un assouplissement de la politique de la Fed, la relance de la Chine et un accord commercial avec la Chine d’ici la campagne électorale de 2020 au cours de laquelle l’actuel président des États-Unis, Donald Trump, briguera de nouveau les suffrages.

Le marché des obligations n’a pas toujours raison, et l’historique du marché des actions plaide jusqu’à un certain point en sa faveur, mais un indicateur pèse lourd du côté du marché obligataire : celui de l’inversion de la courbe de rendement, qui a permis de prévoir toutes les récessions aux États-Unis depuis 50 ans. L’inversion doit persister pendant quelques mois pour que le signal soit fort, mais il s’agit d’un argument convaincant en faveur de la prudence.

Paul Eitelman croit que la Fed est maintenant sur les rails pour une ou deux réductions de taux préventives. L’inflation aux États-Unis est inférieure à 2 % et les attentes du marché à ce chapitre sont faibles, ce qui fait pencher la Fed pour des mesures de protection contre un repli. Les actions sont chères sur le marché américain et des pressions s’exercent sur le cycle, ce qui fait que Paul insiste sur la prudence.

L’Europe parvient difficilement à redresser la situation, après les reculs enregistrés par la croissance l’an dernier, bien que, selon Andrew Pease, certaines améliorations soient à prévoir. La guerre commerciale prédomine toutefois, et l’optimisme à l’endroit de l’Europe est tributaire d’une atténuation des tensions commerciales mondiales.

Il n’est pas étonnant de constater que la guerre commerciale prime également dans les perspectives pour la région de l’Asie-Pacifique. Alex Cousley constate une relance de la Chine et un assouplissement de la politique des banques centrales dans toute la région. Les exportations font toutefois l’objet de pressions. S’ajoute aux préoccupations le fait qu’il est probable que le Japon donne suite à son projet de relèvement du taux de taxe à la consommation en octobre. Sous l’angle positif, les valorisations des actions au Japon et sur les marchés asiatiques émergents sont légèrement faibles, mais, pour que les perspectives conjoncturelles soient positives, il faut envisager avec confiance une résolution du conflit commercial.

Selon Van Luu et Max Stainton, le virage pris par la Fed vers l’assouplissement est le signal avant-coureur de l’atteinte d’un sommet pour le dollar américain. Les monnaies des marchés émergents se situent à leurs niveaux les plus bas depuis près d’une décennie et sont susceptibles d’être les plus favorisées par une dépréciation du billet vert. Le yen japonais se distingue en obtenant la préférence en matière d’évaluation et en raison de ses propriétés de monnaie refuge en périodes hors risque.

Les probabilités de récession de Kara Ng, selon le modèle de l’indice conjoncturel des États-Unis, sont entrées dans la zone d’alerte après l’inversion de la courbe de rendement. Les probabilités de récession du modèle n’ont pas atteint les niveaux antérieurs à 2008, mais les lectures sont suffisamment élevées pour renforcer la mise en garde que notre évaluation qualitative nous amène à formuler en milieu d’année.

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