La réalité des faibles rendements

L’épargnant, après avoir bénéficié du rendement élevé des actions et des obligations après la crise financière de 2008, risque de connaître des rendements qui seront sans doute plus faibles. Le marché haussier actuel des actions, qui entre dans sa huitième année, est le plus long à ce jour. L’épargnant est déchiré entre la prudence que commande un long marché haussier et l’optimisme que lui inspire une économie mondiale qui s’accélère. La croissance, l'inflation et la politique divergent entre les régions du monde, et pourraient créer de la volatilité dans les marchés financiers.

L’évolution démographique indique que les Canadiens vivent plus vieux et qu’ils passeront sans doute plus de temps à la retraite – ce qui signifie qu’un portefeuille de placements devra conserver son pouvoir d’achat plus longtemps qu’auparavant. La probabilité de faibles rendements et d’une vie plus longue a une incidence directe sur la capacité de l’épargnant à obtenir les résultats souhaités de ses placements. Nombreux sont les épargnants qui à la retraite visent probablement à remplacer un certain pourcentage de leur revenu pour compléter les programmes financés par l’État comme le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec. Dans bien des cas, le rendement requis ou « taux critique » se situera 2 % à 4 % au-dessus de ce que les marchés pourront sans doute produire.

Selon les hypothèses d’Investissements Russell sur les marchés financiers en 2016, la répartition 60 % d’actions et 40 % d’obligations d’un portefeuille équilibré « traditionnel » produira un rendement de 4,6 % par an au cours des dix prochaines années – ce qui est bien en deçà du rendement annuel de 6,9 % qu’il a offert ces deux dernières décennies.

Source : BNY Mellon, Investissements Russell. Données historiques fondées sur des rendements annuels sur 20 ans en date du 31 décembre 2016, l’indice composé S&P/TSX comptant pour 60 % et l’indice obligataire universel FTSE TMX Canada pour 40 %. Les indices ne sont pas gérés, et il n’est pas possible d’y investir directement. Ces rendements représentent le rendement passé et n’indiquent pas ce que seront les résultats futurs et ils ne correspondent à aucun placement en particulier. Prévisions fondées sur des hypothèses sur les marchés financiers formulées en décembre 2016 pour les dix prochaines années. Les prévisions représentent des prédictions de cours du marché ou de volumes de transactions établies à partir de diverses données d’analyse. Rien ne garantit que les résultats présentés puissent se concrétiser.

Cet écart signifie que bon nombre d’épargnants devront revoir non seulement leurs attentes en matière de rendement, mais aussi la façon dont plusieurs placent leur argent.

MAINTIEN D’UN REVENU DE RETRAITE À LONG TERME

Pour l’épargnant dont le portefeuille doit générer un revenu stable tout au long de la retraite, la perspective d’un faible rendement ou d’une correction du marché soulève aussi la possibilité de faire face à un manque à gagner. Avec une espérance de vie de 82 ans actuellement (et qui continue d’augmenter selon la Banque mondiale), la plupart des épargnants canadiens devront viser à ce que leurs placements leur assurent un revenu de retraite pendant 20 ou même 30 ans.

Comme le montre le graphique ci-après, au cours des dix prochaines années, les catégories d’actifs traditionnelles qui constituent un portefeuille équilibré canadien type sont appelées à produire un rendement bien inférieur au « taux critique » de 5 % à 7 % par an qui permettrait à l’épargnant de toucher un revenu stable tout en préservant son capital. Pour atteindre ce niveau de rendement potentiel, l’épargnant pourrait devoir ajouter à son portefeuille des actions des marchés américains, mondiaux et émergents, de même que des catégories d’actifs non traditionnelles comme des infrastructures mondiales et des biens immobiliers mondiaux.

LES RENDEMENTS REQUIS N’ONT PAS CHANGÉ

Non seulement l’épargnant a généralement besoin d’un rendement dans le haut de la fourchette à un chiffre pour atteindre ses objectifs financiers, mais souvent il espère aussi préserver le capital de son portefeuille en termes réels. Le contexte actuel en matière de placement, caractérisé par la cherté des actions et un marché obligataire difficile, par la latilité et l’incertitude géopolitique accrue, signifie que le risque d’importants prélèvements et replis des marchés s’accroît aussi.

Source : Investissements Russell, décembre 2016, hypothèses sur les marchés financiers

*Il convient de noter que toute l’information présentée repose sur des hypothèses. Les rendements prévus sont basés sur des projections spécifiques de rendement établies pour chaque catégorie d’actifs. Pour estimer le rendement d’une catégorie d’actifs ou d’une stratégie, nous analysons l’état actuel de la conjoncture économique et des marchés et l’évolution passée des marchés. Il est probable que les rendements réels seront fort différents de ces hypothèses, même sur plusieurs années. Les indications de rendement futur d’une stratégie de répartition d’actifs ou d’une catégorie d’actifs ne sont ni des promesses ni même des estimations de rendement réel que le portefeuille d’un client pourrait obtenir. Ces hypothèses ne tiennent pas compte des commissions et tous les rendements sont présentés avant déduction des commissions. Les catégories d’actifs sont des catégories au sens général qui peuvent ou non correspondre à des produits précis.

Le Service de la recherche d’Investissements Russell a établi que la probabilité que la répartition traditionnelle 60 % d’actions et 40 % d’obligations puisse maintenir un taux de décaissement de 4% sans réduire le capital était de 70 % historiquement (1938-2016), ce qui permettait à l’épargnant de disposer d’une source de revenus régulière durant sa retraite. Aujourd’hui, la probabilité qu’une telle répartition des placements puisse préserver le pouvoir d’achat réel à un taux de décaissement de 4 % n’est plus que de 34 %.

Cet état de fait souligne plus que jamais l’importance de gérer les risques à la baisse. Pour saisir l’importance de limiter les prélèvements sur le capital d’un portefeuille, ilfaut comprendre le rôle de la capitalisation. Lorsque les marchés évoluent favorablement, la capitalisation signifie que les gains de l’année s’ajoutent à ceux de l’année précédente. Le même principe s’applique lorsque les marchés évoluent défavorablement, mais à l’inverse. Qui plus est, en cas de perte, le gain doit être nettement plus important par la suite pour que le point d’équilibre soit rétabli.

LE PLACEMENT MULTI-ACTIFS : UNE SOLUTION POSSIBLE DANS UN CONTEXTE DE FAIBLE RENDEMENT

Il existe plusieurs manières de régler le problème de la « réalité des faibles rendements » (ou du moins d’en atténuer l’impact). Certaines solutions peuvent passer par des changements de comportement plutôt que par des solutions de placement – épargner plus ou dépenser moins. Les « taux critiques » de rendement n’ont pas changé et certains épargnants pourraient ne pas pouvoir obtenir les résultats qu’ils escomptaient à moins de trouver des sources de rendement supplémentaires. La « réalité des faibles rendements » oblige à chercher des façons de tirer davantage de ses actifs.

Le placement multi-actifs est une solution qui vise à accroître la probabilité d’atteindre un résultat précis sur le long terme en donnant accès à des sources de rendement et à des possibilités qu’un portefeuille équilibré traditionnel 60/40 pourrait ne pas offrir.

Les solutions multi-actifs comportent habituellement des actifs diversifiés traditionnels et non traditionnels (comme les infrastructures mondiales et les biens immobiliers mondiaux) afin de maximiser la diversification des catégories d’actifs, des zones géographiques, des secteurs d’activité et des facteurs. Les portefeuilles multi-actifs font l’objet d’une gestion dynamique en temps réel qui vise à protéger les portefeuilles au cours des replis du marché tout en leur permettant de participer aux hausses. La recherche de rendement dans le contexte actuel de faible rendement est réelle et demande à l’épargnant et à ses conseillers de prendre des décisions d’importance cruciale. L’approche multi actifs est un des moyens par lesquels l’épargnant peut chercher à relever le défi des faibles rendements et à accroître la probabilité de jouir d’une longue et lucrative retraite.

Source : Investissements Russell. Fondé sur les rendements annuels historiques corrigés de l’inflation glissant sur 10 ans, de 1938 à 2016. Actions : 1/3 d’actions canadiennes, 2/3 d’actions étrangères. Obligations : 100 % de titres à revenu fixe canadiens1. Le rendement indiciel n’est pas une indication du rendement de quelque placement que ce soit. Les indices ne sont pas gérés, et il n’est pas possible d’y investir directement.

1Actions canadiennes = indice composé S&P/TSX; actions étrangères = S&P 500 (1938-1969), indice MSCI Monde (1970-1980), indice MSCI Monde hors Canada (1981-2016); titres à revenu fixe canadiens = indice obligataire à long terme FTSE TMX Canada (1938-1979), indice obligataire universel FTSE TMX Canada (1980-2016)

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