La synchronisation des marchés – toujours difficile

L’exposé en faveur de rester sur le marché

Lorsque les marchés sont en baisse, il peut être tentant de retirer son argent des actions et de se mettre à l’abri avec les liquidités ou les titres à revenu fixe. En revanche, lors des hausses des marchés, il peut sembler judicieux d’investir davantage dans ce qui fonctionne bien.

Toutefois, entrer ou sortir du marché au bon moment – ce qui porte le nom de synchronisation des marchés – peut entraîner de moins bons résultats qu’investir dans un portefeuille multi-actifs diversifié et de le conserver à long terme. Puisque les investisseurs laissent souvent les émotions guider leurs décisions, ils ont tendance à vendre en mode panique lors des creux des marchés et d’acheter à la hâte dans un élan d’enthousiasme lorsque les marchés sont à leur plus haut.

Bien que tous les investisseurs cherchent à éviter les replis, tenter de synchroniser les marchés accroît habituellement les risques dans votre portefeuille et potentiellement les coûts. Pour essayer d’éviter d’être sur le marché lors des mauvaises journées et de tirer parti seulement des bonnes journées il faut prendre les deux décisions suivantes :

  1. Se retirer au bon moment.
  2. Savoir quand revenir.

Il s’agit de deux décisions difficiles à prendre qui peuvent entraîner de vraies conséquences pour votre portefeuille.

Puisqu’il n’y a pas deux cycles boursiers identiques, il n’est pas facile d’anticiper les fluctuations des marchés. Différents facteurs peuvent affecter les marchés : la situation politique, la politique monétaire, les activités économiques (fusions d’entreprises et dépenses des consommateurs), la confiance des investisseurs et les événements sur la scène internationale. Bien souvent, les revirements sont rapides et imprévisibles, et le marché a déjà rebondi quand les investisseurs nerveux sont confiants que tout est revenu à la normale et que le moment est propice pour revenir sur le marché.

Prenons l’exemple de la volatilité spectaculaire des marchés qui a accompagné le référendum de 2016 en Grande-Bretagne sur le retrait de l’Union européenne (Brexit). Le jour suivant le vote des Britanniques en faveur du retrait de l’union économique, les marchés dans le monde ont fortement réagi : l’Indice composé S&P/ TSX a perdu 3,1 % dans les deux jours suivants. D’autres marchés mondiaux ont également été secoués : l’Indice Russell 1000® s’est replié de 3,6 % le jour suivant le vote, et a perdu un autre 1,9 % le lundi suivant. Un grand nombre d’investisseurs ont peut-être été tentés de retirer leur argent du marché et d’attendre un rétablissement de la situation.

Toutefois, s’ils avaient agi ainsi, ils auraient pu passer à côté de gains importants. Une semaine après le vote Brexit, l’Indice composé S&P/TSX a regagné le terrain perdu pour ensuite afficher une progression de 8,2 % d’ici la fin de l’année.

Les adeptes de la synchronisation des marchés qui attendent le bon moment pour acheter risquent d’être à l’extérieur des marchés lors de changements soudains. Comme le montre le graphique ci-dessous, un investisseur qui a raté les dix meilleures journées au cours de la dernière décennie aurait renoncé à presque la moitié du rendement du portefeuille qu’il aurait pu gagner s’il était resté investi pendant la période complète de 10 ans.

Source : Investissements Russell, Confluence

Basé sur les rendements quotidiens de l’Indice composé S&P/TSX pour la période de 10 ans se terminant le 30 juin 2017. Aux fins d’illustration uniquement.

Les rendements indiciels représentent des rendements antérieurs et ne sont pas garants des rendements futurs. Ils ne sont pas représentatifs des rendements d’un placement spécifique. Il s’agit d’indices non gérés dans lesquels on ne peut investir directement.

Si nous augmentons le nombre de «jours manqués» à 40, la différence est remarquable :

  • Un investisseur qui a manqué les 40 meilleurs jours au cours des 10 dernières années n’a conservé que 30 % de la valeur initiale de son portefeuille.
  • En revanche, pour un investisseur qui a manqué les 40 pires journées, la valeur de son portefeuille était plus de sept fois supérieure à celle d’un portefeuille qui était investi tous les jours.

EN BOUT DE LIGNE – IL FAUT RESTER INVESTI.

Il existe deux facteurs qui vont à l’encontre de la synchronisation des marchés.

Premièrement : La tendance générale des marchés des actions à l’échelle mondiale est positive. Au cours des cinq, 10 ou 20 dernières années, les placements en actions n’ont pas été un jeu à somme nulle. Un investisseur qui a conservé ses placements au fil des années a probablement assisté à une croissance de son portefeuille. Vous pouvez choisir de possiblement bénéficier de cette tendance générale ou de la mettre en doute et de potentiellement passer à côté de ses avantages.

Deuxièmement : Les rendements sont inégaux; ils n’ont pas évolué de manière linéaire. Il est certainement vrai que la volatilité à court terme peut être angoissante. Toutefois, plutôt que de réagir à la volatilité et de tenter d’anticiper les fluctuations à court terme du marché, les investisseurs devraient baser leur stratégie de placement sur leurs objectifs de placement, leur horizon de placement, leur situation financière et leur tolérance au risque et non pas sur le comportement des marchés à un moment précis.

De concert avec votre conseiller financier, un programme de placement bien conçu pourrait s’avérer plus efficace pour atteindre vos objectifs à long terme. Par exemple, l’investissement dans un portefeuille multi-actifs peut potentiellement protéger votre portefeuille contre les baisses, tout en cherchant à profiter des hausses.

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