Le cycle émotionnel du marché

Lorsque les choses vont bien, rien ne peut nous arrêter. Et lorsqu'elles vont mal, nous cherchons à corriger la situation par tous les moyens. Puisque les émotions peuvent compromettre la santé financière d'un épargnant, il vaut mieux être averti. On peut alors se protéger contre les conséquences négatives de réactions impulsives et irrationnelles face à de telles émotions.

 The Market Cycle of Emotions

Premier stade : optimisme, exaltation et euphorie

L’épargnant est optimiste au départ. Il s'attend naturellement à ce que tout se passe bien ou du moins à obtenir un rendement qui le récompensera pour avoir pris le risque d'investir.

Lorsque ses attentes sont satisfaites, il est fréquent de le voir s’exciter, espérer obtenir un rendement encore meilleur et cette excitation fait place à l’exaltation lorsque le rendement qu’il obtient dépasse ses attentes.

Le cycle atteint un sommet lorsque l'épargnant devient euphorique. C'est cependant à ce moment qu'il court le plus de risques sur le plan financier. Lorsque nous avons l'impression que tout ce que nous touchons se transforme en or, nous nous bernons si nous croyons que nous pourrons battre le marché, que nous ne pouvons pas faire d'erreur, que les rendements mirobolants sont la norme et que nous pouvons supporter un niveau de risque accru.

Deuxième stade : complaisance, déni, espoir

Le deuxième stade du cycle a lieu lorsque le marché cesse de répondre à nos attentes démesurées et entame un revirement. Au début, nous surveillons avec appréhension les signes indiquant la direction du marché. Cette anxiété se transforme en déni et rapidement en peur lorsque la valeur des placements diminue. Bon nombre de personnes vont alors songer à se protéger et décident parfois de remplacer des actions risquées par des actions de nature plus défensive ou par une autre catégorie d'actifs comme les obligations.

Troisième stade : panique, capitulation et découragement

Au troisième stade du cycle, l'anatomie d'un marché baissier se confirme et l'épargnant peut devenir désespéré. Beaucoup prennent panique et quittent carrément le marché — de crainte de subir d'autres pertes. Ceux qui restent se découragent et se demandent si les marchés finiront par remonter un jour et se demandent si c'est bien leur place.

Ironiquement, à ce stade, souvent l'épargnant ne se rend pas compte que sur le plan financier c'est le moment idéal d'investir.

Quatrième stade : scepticisme, prudence, inquiétude

Au quatrième stade du cycle, l'épargnant peut éprouver un certain scepticisme quand le marché commence à remonter. Il est souvent gagné par un sentiment de prudence ou d'inquiétude, et se demande si la reprise est là pour durer— et il peut être réticent à investir lorsque les cours sont encore assez bas et qu'il y a de bonnes occasions à saisir.

Quelles sont les conséquences de ce tourbillon d'émotions ?

Sous l'emprise des émotions, l'épargnant rationnel devient irrationnel. Il doit donc se rappeler que les marchés fluctuent et que les placements connaissent toujours des hauts et des bas.

Les plans financiers diversifiés, bien élaborés, visant le long terme sont compromis lorsque l'épargnant fait face à des événements extraordinaires et qu'il se laisse guider par ses émotions. C'est là que le rôle du conseiller financier est de la plus haute importance - il doit aider l'épargnant à départager les émotions de la réalité pour l'amener sur la voie de l'investissement rationnel.

Vous pouvez aussi éviter d'être submergé par vos émotions en connaissant à l'avance les sentiments que vous êtes susceptible d'éprouver.


Voici les cinq principaux pièges à éviter :

  1. L'excès de confiance — lorsque l'épargnant surestime sa capacité de sélectionner les titres gagnants ou les meilleurs gestionnaires de placement.
  2. L'aversion pour les pertes — les recherches1 révèlent que la douleur éprouvée par une perte d'argent est deux fois plus forte que le plaisir éprouvé par un gain. Au cours des périodes de volatilité des marchés, l'épargnant éprouve avec plus d'intensité les pertes qu'il subit qu'en temps normal.
  3. La quête du rendement passé — c'est le genre de comportement que nous ne cessons d'observer, niais malheureusement, l'épargnant qui liquide un portefeuille bien diversifié pour le remplacer par des obligations ou même des liquidités risque de compromettre sa sécurité financière.
  4. Anticiper le marché — les recherches montrent que personne ne peut prédire avec exactitude l'évolution du marché.
  5. Omettre de rééquilibrer son portefeuille — l'équation risque-rendement du portefeuille d'un épargnant ne doit pas dépendre de ce qui se passe sur le marché, c'est-à-dire qu'il faut vendre quand les cours sont élevés et acheter quand ils sont bas.

Pour ne pas céder à la tentation de tomber dans un de ces pièges, il faut élaborer un plan d'investissement à long terme, bien défini, et s'y tenir. C'est la meilleure façon de ne pas se laisser emporter par ses émotions.

1 Kahneman, D. and Tversky, A. (1979) “Prospect Theory: An Analysis of Decision under Risk”

La diversification n’est pas une garantie de profit et ni une protection contre les pertes sur des marchés en baisse.

*Pour tout type de portefeuille, les tentatives destinées à réduire les risques et à doper les rendements peuvent parfois limiter involontairement les performances. Le rééquilibrage du portefeuille peut avoir des incidences fiscales sur la partie imposable.

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