PERSPECTIVES

Perspectives des marchés mondiaux en 2019 :
Le point en toute fin de cycle

Le resserrement de la politique de la Réserve fédérale américaine, les guerres commerciales, l’incertitude du côté de la Chine, la confrontation budgétaire entre l’Italie et la Commission européenne ainsi que les négociations du Brexit laissent croire que la volatilité de 2018 perdurera en 2019. Nos modèles indiquent une période de danger de récession aux États-Unis en 2020, ce qui conférera aux marchés des actions un potentiel de hausse. Mais les risques augmentent en fin de cycle.

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Introduction
par Pete Gunning, directeur, gestion mondiale des placements

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La volatilité a refait surface en 2018 et risque de perdurer en 2019. Bien que le cycle soit avancé, il semble offrir certaines occasions. Pour en tirer profit, il faudra de la discipline et un rigoureux processus décisionnel.

Le résultat vaut-il l’effort?

Le résultat vaut-il l’effort? La question est récurrente dans nos réunions consacrées aux placements et devrait retenir encore davantage l’attention en 2019. Les rendements potentiels justifient-ils les risques? Voilà ce qu’il est impératif de se demander dans une décision d’investissement. La Réserve fédérale américaine (la Fed) étant à présent fermement engagée sur le chemin de la hausse trimestrielle des taux, les risques augmentent. Il n’est pas difficile de concevoir que les dernières chutes de rendement incitent les investisseurs à tirer leur épingle du jeu.

Aucun choix n’est simple. Les rendements monétaires sont faibles partout, le marché américain des actions est surévalué, les écarts de taux sont minces et les attentes de profit sont dangereusement optimistes. Les rendements des obligations d’État sont soumis à la menace des pressions inflationnistes de fin de cycle.

Le contexte de gestion des portefeuilles est exigeant. Nous savons que les perspectives de rendement à long terme sont assez ternes, de sorte qu’il nous faut exploiter au maximum les occasions qui se présentent. Mais il serait imprudent de croire à la possibilité de prévoir avec suffisamment d’exactitude le moment le plus avantageux pour opérer un retrait.

La meilleure réaction consiste à se concentrer sur les trois aspects essentiels de la gestion de portefeuille : 1) la diversification, 2) la composition et 3) le processus décisionnel. Nous croyons que les investisseurs doivent maintenir un large éventail de sources de rendement, assurer une composition efficace permettant d’économiser les points de base et avoir recours à un processus dynamique prévoyant la sortie avec le cumul des risques.

Dans chaque décision d’investissement, notre processus décisionnel fondé sur le cycle économique, la valorisation et la confiance (CVC) nous amène à nous poser les questions suivantes :

  • Le coût de l’investissement est-il faible ou élevé?
  • Le cycle est-il soumis à des facteurs favorables ou défavorables?
  • Le marché affiche-t-il un excès de confiance ou de méfiance?

Notre processus CVC nous a bien guidés. Nous préférons les catégories d’actifs bon marché plutôt que chers, mais nous sommes préparés à la détention d’actifs appartenant à cette seconde catégorie, comme les titres de participation et de créance des États-Unis, si le cycle y est favorable. La confiance nous a, au surplus, permis de bénéficier des corrections du marché. Nous avons tiré un bon signal d’achat de nos contre-indicateurs de survente du climat économique en février et nous sommes à l’affût du développement d’un autre contre-indicateur tard en 2018.

Pour ce qui est de 2019, nos stratèges croient qu’il est trop tôt pour adopter une attitude franchement défensive, compte tenu du fait qu’une période de danger de récession semble devoir s’amorcer aux États-Unis en 2020. Ils affichent un pessimisme modéré à l’égard des obligations d’État à mesure que les pressions inflationnistes de fin de cycle se manifestent, et cela de façon plus marquée à l’extérieur des États-Unis étant donné les faibles rendements dans le reste du monde.

Le défi consiste à tirer le meilleur des rendements de fin de cycle tout en se préparant à un inévitable repli. Il faut donc pouvoir compter sur un processus structuré et rigoureux. Il s’agit, en définitive, de déterminer la valeur à tirer d’une situation contraignante.

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