ÉTATS-UNIS
PERSPECTIVES

Adaptation ou rupture ?

Les multinationales américaines doivent faire face à de forts vents contraires alors que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pèse lourdement sur la croissance mondiale et les perspectives de bénéfices. Jusqu'à présent, l'économie a suivi le scénario du début de 2016. Le secteur manufacturier est en récession, tandis que la consommation continue de faire preuve de robustesse et de résilience. Alors que le marché du travail commence à montrer des signes de ralentissement, un accord commercial est nécessaire pour revigorer les données fondamentales qui sous-tendent les prix des actifs.

ÉTATS-UNIS
PERSPECTIVES

Adaptation ou rupture ?

Les multinationales américaines doivent faire face à de forts vents contraires alors que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pèse lourdement sur la croissance mondiale et les perspectives de bénéfices. Jusqu'à présent, l'économie a suivi le scénario du début de 2016. Le secteur manufacturier est en récession, tandis que la consommation continue de faire preuve de robustesse et de résilience. Alors que le marché du travail commence à montrer des signes de ralentissement, un accord commercial est nécessaire pour revigorer les données fondamentales qui sous-tendent les prix des actifs.

Point d’inflexion

À l'approche du quatrième trimestre, les marchés sont confrontés à un point d'inflexion. La guerre commerciale et les incertitudes qui en découlent ont ébranlé la confiance des entreprises, les dépenses en immobilisations ont stagné, la croissance des bénéfices est terne et la courbe de rendement des bons du Trésor américain est inversée. Il ne nous reste plus qu'à attendre de voir ce qui ressortira des négociations de haut niveau entre la Chine et les États-Unis qui sont prévues pour début octobre.

Washington, DC nous envoie des signaux plus positifs en septembre. Le président Donald Trump a fait preuve de bonne volonté en reportant de quelques semaines l’augmentation des tarifs douaniers prévue pour le 1er octobre et la Chine a répondu à ce geste en prenant des mesures favorables aux produits agricoles américains. Le consensus du marché semble extrapoler ces ondes positives et focaliser sur la possibilité d'un « mini-accord » qui permettrait de revenir en arrière sur la menace de droits de douane prévus pour le 15 octobre et le 15 décembre. Même si cet aboutissement serait le bienvenu après un troisième trimestre marqué par la surenchère, cela ne serait peut-être pas suffisant pour faire changer les choses du côté des entreprises. Les équipes de direction doivent pouvoir envisager les cinq prochaines années avec confiance avant d'investir. Pour les industries touchées, rétablir cette confiance nécessitera probablement la suppression partielle des droits de douane existants et une politique de désescalade des tensions claire, engagée et crédible.

Si ce voile d'incertitude est effectivement levé d'ici la fin de l'année, l'économie mondiale devrait reprendre du poil de la bête. Les actions américaines devraient rebondir pendant une telle période de vigueur des fondamentaux, mais accuser un retard par rapport à leurs homologues internationaux qui se négocient à des multiples plus intéressants.

L'échec des pourparlers et l'escalade des droits de douane pourraient facilement faire plonger les États-Unis et l'économie mondiale dans la récession. Certains indicateurs avancés importants signalent déjà cette éventualité. La courbe de rendement des bons du Trésor, un indicateur fiable, est inversée depuis mai, tandis que l'indice manufacturier pour les nouvelles commandes du Institute Supply Management indiquait en août un recul au niveau recessionnaire de 47.

La Réserve fédérale (la Fed) joue le second rôle dans tout cela. Elle a réduit les taux d’intérêt en juillet et en septembre pour contrer les risques de baisse liés à la guerre commerciale. D'autre part, les prévisions de faible inflation confortent la Fed dans l'idée de réduire les taux. Nous anticipons une nouvelle réduction de taux d'ici la fin de l'année (probablement au mois d'octobre). Néanmoins, en raison de toutes ces incertitudes entourant les politiques budgétaires, il est difficile de se prononcer avec conviction sur le nombre de réductions de taux que la Fed mettra en œuvre. Ce nombre peut se situer entre un et huit. L'un de point de repère utile pour les investisseurs en ce qui concerne l'orientation de la Fed est la courbe de rendement. L'inversion de la courbe suggère que la Fed adopte une politique restrictive dans ce contexte d'incertitude commerciale. La Fed veut se montrer conciliante, ce qui nécessiterait deux réductions supplémentaires (notre base de référence) au taux actuel. Notre positionnement tactique privilégié pour les bons du Trésor américain est neutre. Nous pensons que les obligations demeureront un outil de diversification très important au sein des portefeuilles multi-actifs si les risques de baisse s'intensifient.

Perspectives stratégiques

  • Cycle économique : Légèrement négatif. Nous nous trouvons en fin de cycle, et l'aggravation des tensions commerciales en août mettra probablement le secteur manufacturier américain et les dépenses en capital mondiales sous pression. Les perspectives dépendront de ce qui adviendra de la politique commerciale sino-américaine. Pour l’instant, nous supposons un risque de baisse étant donné l’asymétrie des conséquences éventuelles d’un résultat négatif sur les actions américaines. Les signaux d’avertissement de la courbe de rendement et de notre modèle de l’indice conjoncturel se révèlent instructifs à cet égard. En raison des élections américaines de 2020, nous croyons qu'un accord commercial est l'issue la plus probable. Toutefois, compte tenu des risques, nous préférons être plus réactifs face à cette vague conjoncturelle positive et éviter d'affronter une récession.
  • Valorisation : Élevée. La reprise enregistrée depuis le début de l’année a fait grimper sensiblement la valorisation des actions américaines. Les taux escomptés ont eu un effet favorable. En supposant un retour à la moyenne (plus faible) des marges bénéficiaires des sociétés au cours des dix prochaines années, nos estimations de la prime de risque pour l’indice S&P 500 sont inférieures à la moyenne.
  • Confiance : Neutre. Nos indicateurs de momentum n'affichent rien de réjouissant au début du quatrième trimestre, le marché boursier américain ayant enregistré un rendement morose de 2,6 % au cours des 12 derniers mois. Selon nos propres indicateurs comportementaux, le marché n'a semblé ni gagné ni par la panique ni par l’euphorie pendant les fluctuations du mois d'août, restant en zone neutre.
  • Conclusion : Nous continuons de favoriser une sous-pondération des actions américaines dans les portefeuilles mondiaux, uniquement en raison des valorisations trop élevées. Nous nous attendons à ce que facteur de rendement soit récompensé à moyen et long terme. Nos convictions à l'égard des répartitions régionales tactiques sont faibles.
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