ASIE PACIFIQUE
PERSPECTIVES

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis s’est intensifiée, ce qui exerce des pressions sur la croissance régionale. Les données en provenance de la Chine ont été tantôt mitigées tantôt incertaines au deuxième trimestre, ce qui, compte tenu des risques liés au commerce, semble indiquer que nous verrons la Chine prendre d’autres mesures de relance qui devraient être bénéfiques pour la région. Parallèlement, les banques centrales de la région ont davantage assoupli leur politique.

La relance de la Chine devrait alléger les difficultés commerciales

Les données provenant de l’Asie-Pacifique ont été plutôt décevantes au deuxième trimestre, à commencer par celles de la Chine et de la Corée du Sud. Les exportations de la région ont ralenti, alors que la croissance de l’activité manufacturière (selon les récents indices des directeurs d’achats — IDA) a décéléré ou, dans certains pays dont la Corée du Sud et Taïwan, poursuivi sa contraction. Les électeurs en Inde ont reporté au pouvoir le premier ministre Narendra Modi, ce qui devrait contribuer à soutenir l’économie. Au Japon, l’économie continue d’afficher une modeste performance, la hausse planifiée de la taxe sur la valeur ajoutée demeurant un facteur de risque à surveiller.

Intéressons-nous d’abord à la Chine, comme toujours. Dans nos perspectives trimestrielles précédentes, nous envisagions la croissance chinoise sous un jour de plus en plus positif, grâce aux mesures de relance qui avaient été annoncées. Depuis, les données ont été tantôt mitigées tantôt incertaines, et la guerre commerciale s’est intensifiée. Les nouvelles ne sont cependant pas entièrement mauvaises, puisqu’il est probable que d’autres mesures de relance soient prises. Le poste visé sera sans doute celui des dépenses d’infrastructure (qui ont déçu). Les commentaires du gouverneur de la Banque populaire de Chine semblent indiquer que la politique monétaire pourrait également s’assouplir, et nous suivrons l’évolution du crédit afin de déceler les signes d’une impulsion.

L’activité en Inde a été en proie aux turbulences provoquées par l’incertitude pré-électorale et certaines modifications à la réglementation dans le secteur de l’automobile. Ces turbulences devraient se dissiper dans les mois qui viennent, compte tenu du fait que le gouvernement Modi a conservé la majorité lors de la récente élection générale indienne. Au surplus, la position prise par la Réserve indienne, qui a réduit les taux d’intérêt à deux reprises au cours des trois derniers mois, a amélioré les perspectives quant à l’investissement. Le principal risque à prévoir est celui du resserrement des conditions de crédit dans le secteur financier non bancaire, détenteur d’une part de près de 40 % du marché des prêts hypothécaires et des prêts automobiles.

Nous demeurons prudents quant aux perspectives qu’offrent la Corée du Sud et Taïwan, compte tenu de leur exposition au risque commercial. En Corée du Sud, ces perspectives se sont détériorées pour les consommateurs (leur confiance ayant chuté, et la croissance des ventes au détail ayant décéléré), et le secteur manufacturier est en difficulté (les IDA se trouvant en situation de contraction). Nous prévoyons toujours que la Banque de Corée adoptera une position plus souple et croyons qu’elle pourrait procéder à une réduction de taux plus tard cette année. Taïwan est également en butte à de modestes dépenses de consommation et à une demande externe réduite.

Le PIB du Japon se voulait très solide au premier trimestre, solidité toutefois essentiellement attribuable à une chute des importations (ayant pour effet de stimuler le PIB mais laissant craindre une érosion de la demande intérieure). Les dépenses à la consommation ont été convenablement vigoureuses, malgré la confiance modérée des consommateurs, tandis que les affrontements commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont étiolé la confiance des entreprises. Les événements politiques ont réduit la probabilité d’un délai dans la hausse du taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ce qui pourrait également ébranler la confiance des entreprises. Il est utile de noter, toutefois, que plusieurs contre-mesures sont en place pour faciliter la mise en œuvre de cette hausse.

Dans le cas de l’Australie, les perspectives restent mornes, bien que soient survenus un certain nombre d’événements positifs qui devraient contribuer à la stabilisation du marché du logement. En premier lieu, le gouvernement de la coalition libérale-nationale a été reporté au pouvoir dans une victoire inattendue, ce qui dissipe l’incertitude entourant le traitement fiscal des investissements immobiliers. En deuxième lieu, certaines modifications sont apportées à la réglementation prudentielle, ce qui conférera aux emprunteurs une capacité d’emprunt accrue. Enfin, la Réserve australienne (RA) réduit les taux, et il est probable qu’elle poursuive dans cette voie cette année. La RA reste centrée sur le marché du travail, même si les recherches récentes semblent indiquer que le taux de chômage naturel est inférieur aux estimations précédentes, ce qui donne à la RA la latitude nécessaire pour adopter une politique plus conciliante.

Terminons avec la Nouvelle-Zélande, où les événements à signaler ont été le passage de la Réserve de la Nouvelle-Zélande (RNZ) à une attitude de compromis. Les perspectives économiques se sont affadies, la confiance des entreprises demeurant très fragile et le marché du travail donnant des signes de ralentissement. La RNZ a réagi en réduisant les taux en mai, et il est probable qu’elle récidive cette année.

Stratégie de placement

Pour les marchés d’actions régionaux de l’Asie-Pacifique, notre évaluation des facteurs liés au cycle économique, à la valorisation et à la confiance est la suivante :

  • Cycle économique: Les risques se sont accrus, compte tenu de l’escalade des menaces liées à la guerre commerciale. Toutefois, les mesures de stimulation supplémentaires attendues de la Chine seront favorables. Le soutien des banques centrales s’est accru.
  • Valorisation: Les valorisations nous paraissent relativement intéressantes au Japon et sur les marchés asiatiques émergents, le marché des actions australien étant, pour sa part, correctement évalué. Les actions de la Nouvelle-Zélande semblent toujours surévaluées. Les obligations des économies développées sont jugées chères. Dans l’ensemble, les valeurs offertes paraissent raisonnables.
  • Confiance: Les flux résultant de la décision du fournisseur d’indices Morgan Stanley Capital International (MSCI) d’augmenter le poids de la Chine continentale dans son indice mondial devraient se poursuivre, compte tenu de la hausse progressive annoncée en août et en novembre. Nos indices à contre-courant sont généralement neutres pour ce qui a trait à la confiance relative aux marchés émergents et au Japon.
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