ASIE PACIFIQUE
PERSPECTIVES

Relance chinoise, où es-tu ?

Jusqu'à présent, les preuves de stimulation économique sont décevantes. S'ajoutent à cela les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis qui se sont intensifiées et des données économiques régionales décevantes. Les banques centrales se sont montrées plus accommodantes, procédant à des réductions de taux dans la plupart des économies. L'évolution de la situation au niveau des échanges commerciaux et les prochaines annonces budgétaires du gouvernement chinois restent à surveiller.

ASIE PACIFIQUE
PERSPECTIVES

Relance chinoise, où es-tu ?

Jusqu'à présent, les preuves de stimulation économique sont décevantes. S'ajoutent à cela les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis qui se sont intensifiées et des données économiques régionales décevantes. Les banques centrales se sont montrées plus accommodantes, procédant à des réductions de taux dans la plupart des économies. L'évolution de la situation au niveau des échanges commerciaux et les prochaines annonces budgétaires du gouvernement chinois restent à surveiller.

Chine

Dans notre rapport de milieu d'année, nous avions signalé que les données provenant de la région étaient décevantes, tout particulièrement en Chine et en Corée du Sud. Nous ne voyons toujours pas de réels signes d’amélioration dans les deux pays et nous avons assisté à une dégradation dans certains pays. Les troubles politiques à Hong Kong ont eu une incidence sur les activités là-bas et nous surveillons de près la réaction du gouvernement chinois ainsi que toute répercussion à Taiwan. Un séjour sans faille Les tensions commerciales entre la Corée du Sud et le Japon se sont également accrues, mais ce problème est de seconde importance par rapport à la situation entre la Chine et les États-Unis. En raison des risques liés au commerce et à la croissance régionale, les banques centrales réagissent en réduisant les taux, ce qui devrait fournir un soutien.

L'économie chinoise continue de décélérer, en premier lieu dans le secteur manufacturier. L'écart entre le secteur des services et le secteur manufacturier à l'échelle mondiale est également visible en Chine. Les indicateurs de l’emploi laissent présager un ralentissement de l’embauche dans l’ensemble de l’économie, ce qui renforce la nécessité pour le gouvernement chinois de négocier une forme quelconque d’accord commercial ou d’introduire de nouvelles mesures de relance.

En ce qui concerne la relance, le gouvernement chinois a annoncé plusieurs nouvelles mesures. Il s'agit notamment de nouvelles réductions du taux des réserves obligatoires et une réforme du taux préférentiel. Toutefois, le problème en ce qui concerne la création de crédit n’est plus un manque de fonds, mais un manque de demande. Ce dernier pourrait favoriser une reprise de la demande puisque cette réforme a pour effet de réduire les taux d’intérêt. Néanmoins,, il est préoccupant de constater que nous n’avons pas encore vu de signes majeurs de relance dans les données et, par conséquent, nous adoptons une attitude légèrement plus prudente.. Nous continuons de penser que les résultats au chapitre des crédits mensuels seront les premiers à montrer des signes de reprise et nous les surveillerons donc de près.

La Corée du Sud et Taïwan ont subi une demande d'exportation faible, ce qui a pesé sur leur situation économique. Ce ralentissement est lié à la guerre commerciale et au ralentissement de la demande de téléphones intelligents, source d'exportation importante pour ces pays. L’économie sud-coréenne devrait bénéficier de l’expansion budgétaire en 2020, tandis que Taïwan se concentrera bientôt sur l’élection présidentielle de 2020. Le soutien accordé à la présidente Tsai Ing-Wen s’est renforcé en raison de sa fermeté vis-à-vis de la Chine suite aux manifestations de Hong Kong.

En ce qui concerne l’Inde, nous faisions remarquer en milieu d’année le double obstacle de l’incertitude pré-électorale et de certaines modifications à la réglementation dans le secteur de l’automobile. Ces turbulences ont toutefois été contrebalancées par les dépenses gouvernementales qui ont contribué au PIB. La Banque de réserve de l'Inde a réduit les taux d'un point de pourcentage complet depuis le début de 2019 et nous pensons que d'autres réductions devraient intervenir d'ici la fin de l'année.

Comme nous l'indiquions dans notre rapport de milieu d'année, le marché du logement en Australie a commencé à se stabiliser. Malgré cela, nous sommes toujours d'avis que les perspectives restent moroses compte tenu du taux d'endettement élevé des ménages et la faiblesse du secteur de la construction de logements. La Banque de réserve australienne (RBA) s'est montrée déterminée et nous nous attendons maintenant à deux nouvelles baisses de taux d'ici le milieu de 2020. S'il est vrai que cette détente monétaire stimule le marché boursier local, nous pensons que le potentiel de reprise est limité en raison de la faiblesse des données fondamentales.

On assiste à la même situation en Nouvelle Zélande où la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a surpris le marché en réduisant les taux d’intérêt de 50 points de base en juillet. Le marché boursier a connu une embellie sous l'effet conjugué de la baisse des taux d’intérêt et d’une dépréciation du dollar néo-zélandais en raison de la forte proportion d'instruments de substitution aux obligations et d'apports étrangers.

Il est de plus en plus probable que la RBA et la RBNZ devront adopter une politique monétaire non conventionnelle avant ou pendant le prochain ralentissement mondial. À cet égard, nous voyons une différence intéressante entre les deux. En Nouvelle-Zélande, où le secteur bancaire national est fragile, nous pensons qu'il est probable que la RBNZ fasse passer le taux directeur en territoire négatif. En Australie, où le secteur bancaire national est vigoureux, nous pensons que la RBA est plus susceptible de recourir à une forme d'assouplissement quantitatif.

Enfin, l’économie japonaise surveille d'un œil anxieux l’augmentation du taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) prévue pour octobre. Nous n'avions pas assisté à une telle vague d'antétransactions depuis 2014. La Banque du Japon (BoJ) devrait assouplir sa politique monétaire, mais avec des taux d’intérêt déjà négatifs, elle a peu de marge de manœuvre pour assouplir les conditions financières. Le marché boursier japonais reste relativement bon marché à notre avis.

Stratégie de placement

Pour les marchés d’actions régionaux de l’Asie-Pacifique, notre évaluation des facteurs liés au cycle économique, à la valorisation et à la confiance est la suivante :

  • Cycle économique : Nous redoublons de prudence à court terme compte tenu des menaces liées à la guerre commerciale. Toutefois, les mesures de stimulation supplémentaires attendues de la Chine et les politiques plus accommodantes des banques centrales sont des points positifs.
  • Valorisation : Les actions des marchés asiatiques émergents et japonaises nous paraissent raisonnables ou relativement attrayantes. En dépit de leur bonne performance depuis le début de l'année, les actions de la Chine continentale semblent correctement évaluées. Les actions de la Nouvelle-Zélande semblent toujours largement surévaluées. Les obligations des économies développées sont aussi jugées chères.
  • Confiance : Nous croyons que les investisseurs resteront prudents à l'égard de la région tant que les risques commerciaux n'auront pas été levés. Une évolution positive des négociations commerciales susciterait un regain d'intérêt et d'optimisme, ce qui permettrait probablement à la région de se surclasser.
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