Perspectives de modélisation quantitative
Perspectives de modélisation quantitative

Toujours pas sorti d'affaires

Le modèle de l'indice conjuncturel (IC), qui utilise une série de paramètres économiques et financiers pour estimer la vigueur de l’économie américaine et prévoir la probabilité d'une récession, est toujours en territoire « hors risque ». Bien que les risques à court terme restent faibles, le modèle d'indice du cycle économique estime à 30 % la probabilité d’une récession aux États-Unis au cours des douze prochains mois, ce qui correspond au seuil d’alerte pour s'éloigner des actifs risqués. Nous avions procédé à des décotes cycliques initiales sur les actions et les titres à revenu fixe plus risqués au cours du trimestre précédent, lorsque les probabilités de récession tirées du modèle d'indice conjoncturel avaient franchi pour la première fois le seuil d'alerte. Si les probabilités de récession augmentent ou se maintiennent au-dessus du seuil d'alerte, nous pourrions procéder à des décotes cycliques supplémentaires.

La voie à suivre pour l’économie américaine dépendra de la capacité de la Réserve fédérale à réduire suffisamment les taux pour résorber l'onde de choc de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

L'instabilité prolongée des échanges commerciaux nuit à la croissance mondiale et aux bénéfices des entreprises. Un repli modéré des bénéfices, caractérisé par une croissance négative des bénéfices pendant plusieurs trimestres consécutifs, semble de plus en plus probable. Par le passé, les entreprises ont réagi à la faiblesse des profits en réduisant les dépenses en capital (ce qu’elles ont déjà fait) et en embauchant (ce qu’elles pourraient commencer à faire). Les dépenses de consommation restent un pilier de l’économie américaine au début du quatrième trimestre, mais cela pourrait changer rapidement si le marché du travail était touché.

Ce risque accru se traduit sur le marché obligataire par une inversion de la courbe de rendement des obligations américaines à 10 ans/3 mois, un indicateur qui continue de peser sur le modèle d'indice conjoncturel. Une courbe de rendement inversée, suffisamment1 longue et intense, a été jusqu’à maintenant l’un des meilleurs prédicteurs d’une récession. La courbe de rendement a été inversée pendant plus de 100 jours, avec une inversion maximale de 50 points de base. Cette durée et cette intensité cadrent avec celles des périodes qui ont précédé une récession. Même si le mal peut-être déjà fait, une politique monétaire accommodante et un contexte commercial stable pour les entreprises constituent un prérequis pour en venir à bout.

Les probabilités de récession de l'indice du cycle économique pourraient retomber sous le seuil d'alerte si 1) la Fed réduit suffisamment les taux d’intérêt pour inverser la courbe de rendement au cours des deux prochains mois, et si 2) les données macroéconomiques et financières ne se détériorent pas dans l’intervalle. En attendant, nos modèles indiquent que nous devons rester sur la défensive à l'approche du quatrième trimestre.

1Par le passé, la courbe de rendement obligataire 10 ans/3 mois a déclenché quelques fausses alarmes lorsque l'inversion n'était que de courte durée. Par exemple, en septembre 1998, la courbe de rendement s'est inversée timidement et sporadiquement pendant cinq jours sur une période de 25 jours, mais n'a précédé aucune récession.

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