PERSPECTIVES
Modélisation quantitative

Sur le fil

Le cycle haussier du marché des actions américaines a célébré le 9 mars son dixième anniversaire, et la période d’expansion économique aux États-Unis pourrait devenir la plus longue de l’histoire en juin 2019. La question que soulèvent naturellement ces jalons est la suivante : « Combien de temps encore ? » Le modèle de l’indice conjoncturel (IC), qui s’appuie sur une série de variables économiques et financières pour estimer la solidité de l’économie des États-Unis et prévoir la probabilité d’une récession, indique une situation mitoyenne entre risque et absence de risque. Les risques à court terme demeurent faibles, mais, selon l’IC, la probabilité de récession au cours des 12 prochains mois s’établirait à environ 30 % — tout juste au-dessus du seuil d’alerte indiquant que le moment est venu de renoncer aux actifs risqués.

Source: Investissements Russell, au mars 2019.
Les prévisions sont des prédictions des valeurs de marché et des volumes de négociation établies au moyen de diverses données d’analyse. Ce ne sont pas des projections du marché des valeurs mobilières ni d’un placement en particulier.

Un certain affaiblissement des dépenses de consommation et du marché de l’emploi depuis décembre 2018 a entraîné une augmentation du risque de récession selon l’IC depuis environ deux mois. Cet affaiblissement s’explique toutefois vraisemblablement par des facteurs transitoires comme la paralysie partielle du gouvernement fédéral américain, la rigueur exceptionnelle du climat et l’incertitude quant aux négociations dans le contexte de la guerre commerciale. Dans le même ordre d’idées, la rareté de la main-d’œuvre et la hausse des salaires devraient contribuer au maintien d’une saine consommation. Le virage qu’a pris depuis janvier 2019 la Réserve fédérale américaine vers la retenue dans ses orientations prospectives a compensé les données économiques moins favorables. La Fed ne haussant plus le taux d’intérêt à intervalle trimestriel, les conditions financières se sont assouplies et le nivellement de la courbe des taux de rendement a ralenti, ce qui a levé une part du risque de récession qu’indique l’IC.

 La durée possible de l’expansion économique, selon le modèle, dépend du maintien d’un niveau de croissance idéal — à la faveur d’une activité économique suffisamment élevée pour que soit évitée une spirale descendante de la confiance mais suffisamment modérée pour permettre une politique monétaire conciliante. Si les consommateurs et les entreprises deviennent pessimistes, les dépenses et l’embauche pourraient ralentir, ce qui entraînerait à la hausse le risque de récession selon l’IC. Si la Fed craint la surchauffe, la politique monétaire restrictive pourrait resserrer les conditions financières et inverser la courbe de rendement, ce qui aurait aussi pour conséquence d’entraîner à la hausse le risque de récession selon l’IC. Le risque de récession élevé à échéance de 12 mois reflète la recherche d’équilibre en fin de cycle, alors qu’il y a peu de marge d’erreur.

Retour (timide) au positivisme

Après une chute en décembre, les marchés d’actions ont rebondi au début de 2019. Pendant quelques mois à la fin de 2018, notre modèle axé sur les actions et les titres à revenu fixe indiquait un plongeon sous zéro en réaction au mouvement du marché. Il indique depuis une amélioration, dans le sillage de la tendance générale du marché. Il est temps de revenir au positivisme à l’endroit des actions, bien que certaines préoccupations macroéconomiques restent en filigrane.

Source : Investissements Russell, mars 2019.
L’écart-type mesure la dispersion d’un ensemble de données par rapport à leur moyenne. Plus la dispersion des données est étendue, plus l’écart-type est élevé.
*La répartition améliorée de l’actif (RAA) est un outil qui repose sur la répartition d’actifs stratégique (RAS) résultant de l’application conjuguée par Investissements Russell de ses propres modèles d’évaluation des catégories d’actifs. La RAA est basée sur la notion selon laquelle les mouvements importants du marché qui l’éloignent des valorisations moyennes à long terme créent des occasions de rendements supplémentaires. L’indice composite RAA actions-titres à revenu fixe est basé sur l’indice S&P 500 et l’indice obligataire agrégé Bloomberg Barclays.

Dans le cadre de notre examen du cycle économique, de la valorisation et de la confiance, nos modèles quantitatifs nous amènent à formuler les évaluations globales suivantes.

  • Cycle économique : Les signes caractéristiques que nous observons annoncent la fin du cycle, quoique la probabilité de récession reste par ailleurs faible à très brève échéance. Notre modèle probit ordonné dynamique, portant sur divers facteurs de risque dont la courbe de rendement (rendement des titres du Trésor américain à 10 ans diminué du rendement des titres du Trésor à 3 mois), indique un aplatissement. La pente demeure toutefois ascendante, ce qui indique que le marché envisage toujours la situation dans 10 ans sous un angle positif.
  • Valorisation : Il semble que la valorisation des actions soit juste, selon le modèle de la Fed comparant le rendement des actions au rendement des titres du Trésor à 10 ans. Ce modèle indique une amélioration et accorde une légère prépondérance aux actions par rapport aux titres à revenu fixe en raison de l’évolution des rendements.
  • Confiance : La situation s’est stabilisée après un court fléchissement vers la fin de 2018. Avec la nouvelle année, la situation s’est améliorée et le mouvement est redevenu légèrement modéré. Si les conditions demeurent stables, nous prévoyons une progression de cet indicateur.

À l’approche du deuxième trimestre de 2019, nous sommes en mesure d’envisager les marchés d’actions de manière positive. Notre modèle indique une amélioration au-delà de la position neutre, ce qui permet de prévoir en 2019 un rendement à un chiffre se situant au milieu de la fourchette pour les actions par rapport aux titres à revenu fixe. Cela dit, il nous faut demeurer vigilants et à l’affût de tout signe d’inversion que pourraient donner les rendements.

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