MONNAIES
PERSPECTIVES

Qui sauvera la livre sterling ?

La livre sterling a atteint son plus bas niveau en 35 ans face au dollar américain au troisième trimestre, alors qu’un Brexit sans accord est devenu l'issue la plus probable sous le nouveau Premier ministre Boris Johnson.

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Qui sauvera la livre sterling ?

La livre sterling a atteint son plus bas niveau en 35 ans face au dollar américain au troisième trimestre, alors qu’un Brexit sans accord est devenu l'issue la plus probable sous le nouveau Premier ministre Boris Johnson.

La date butoir du sursis de six mois accordé par l'Union européenne, soit le 31 octobre, approche pour le Royaume-Uni. Depuis que cette prolongation lui a été accordée, la Grande-Bretagne a participé aux élections parlementaires européennes au cours desquelles le parti anti-européen opposé au Brexit dirigé par Nigel Farage a obtenu le plus grand nombre de voix et de sièges. En partie à cause des résultats décevants du Parti conservateur lors de ces élections, la Première ministre britannique Theresa May a démissionné et a été remplacée par Boris Johnson. Sa volonté apparente d'accepter un possible Brexit sans accord a fait passer le taux de change GBP/USD brièvement sous la barre des 1,20, soit son plus bas niveau en 35 ans.

Cependant, une majorité à la Chambre des communes, la chambre élue du Parlement britannique, veut empêcher une sortie désordonnée. Pour l'empêcher de lui rendre la tâche plus difficile, Boris Johnson a suspendu le Parlement pendant cinq semaines jusqu'au 14 octobre. Avant l'entrée en vigueur de cette suspension, une coalition de politiciens de l'opposition et de « rebelles » conservateurs a adopté avec succès une loi contraignant le premier ministre à demander une autre prolongation jusqu'au 31 janvier 2020 si aucun accord ne peut être conclu avec l'Union européenne. Aucun des deux camps de la bataille du Brexit sur le sol britannique n'a remporté la victoire. Pour débloquer la valeur de la livre sterling, c’est-à-dire pour que son cours remonte par rapport à son niveau plancher actuel, nous croyons qu'un accord sur le Brexit doit être conclu.

D'autre part, la faiblesse des données mondiales fait en sorte que l'attitude de la Fed en matière de politique n'est plus un cas isolé. Lors de sa réunion de politique monétaire de septembre, la Banque centrale européenne a abaissé son taux de dépôt à -0,5 % et annoncé la reprise des achats d’actifs, tempérant ainsi l'Euro et favorisant le dollar américain. Bien que les États-Unis aient beaucoup plus de marge de manœuvre que les autres banques centrales, un cycle de réduction des taux affirmé et soutenu ne sera mis en oeuvre que dans le contexte d'une véritable frayeur de la récession. Nous croyons qu'un tel scénario nuirait au dollar américain, mais l'heure de vérité pour le billet vert a été repoussée.

Nous pensons toujours que le yen japonais est l’investissement le plus attrayant parmi toutes les monnaies des marchés développés. Même si son cours n'est plus aussi bas à la fin du troisième trimestre qu'il ne l'était au début de 2019, cette monnaie reste la plus « défensive ». En d'autres termes, elle est plus susceptible de remonter lorsque les actifs risqués comme les actions perdront du terrain. Par conséquent, nous croyons que le yen est un bon outil de diversification au sein du portefeuille.

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