ZONE EURO
PERSPECTIVES

La reprise de la croissance en Europe tarde à se matérialiser et est menacée par l’intensification de la guerre commerciale mondiale. Les risques italiens augmentent en arrière-plan. Cependant, la Banque centrale européenne (BCE) est devenue plus conciliante, et la politique monétaire demeure favorable. L’optimisme à l’égard de l’Europe requiert un apaisement des tensions commerciales mondiales.

Échec de lancement

La reprise de la croissance attendue depuis longtemps en Europe en est au même point, c’est-à-dire attendue. Les indicateurs de croissance laissent à désirer, et l’inflation faible qui persiste incite la BCE à remettre les hausses de taux à plus tard. Les attentes du marché obligataire à l’égard de l’inflation dans cinq ans sont tombées à un creux record de 1,2 % à la mi-juin.

Nous ne sommes pas pessimistes à l’endroit de l’Europe, mais les facteurs ponctuels qui ont ralenti la croissance prennent plus de temps à se redresser que nous ne l’avions prévu. Il s’agit notamment du nouveau régime de contrôle des émissions qui a fait chuter la production automobile allemande, de l’instabilité politique en Italie, de l’incertitude liée au Brexit, du différend commercial entre les États-Unis et la Chine et du mouvement de protestation politique des gilets jaunes en France.

Les données de l’industrie donnent à penser que la production automobile est voie de reprise. L’élargissement du différend commercial freine toutefois la confiance des entreprises. Les négociations d’un accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) ne progressent guère; le président Trump maintient la menace de droits de douane sur les véhicules automobiles, et les États-Unis ont menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les exportations européennes en réponse à un différend de longue date au sujet des subventions de l’UE à la société aérospatiale européenne Airbus.

L’incertitude entourant l’Italie vient s’ajouter à la liste des préoccupations. Selon des sondages d’opinion locaux publiés en milieu d’année, le soutien au parti populiste de droite de la Ligue (Lega) dépasse largement celui que reçoit son partenaire de coalition, le Mouvement 5 étoiles, parti populiste de gauche. Une élection avant la fin de l’année semble de plus en plus probable. L’écart entre le rendement des obligations italiennes à 10 ans et celui des obligations allemandes (bunds) à 10 ans a commencé à se creuser. S’établissant à 260 points de base en milieu d’année, l’écart demeure tout de même bien en deçà du sommet de 330 points de base atteint pendant la crise de l’an dernier. L’incertitude politique continue et la reprise d’un conflit opposant la Ligue et la Commission européenne au sujet de l’assouplissement budgétaire pourraient susciter de la nervosité sur les marchés.

L’assouplissement budgétaire devrait soulever un vent arrière appréciable, la Commission européenne s’attendant à un élan budgétaire de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) cette année. Cette situation, conjuguée à l’attitude conciliante de la BCE et au rebond de la production automobile allemande, devrait former un plancher de soutien pour la croissance en 2019. Les risques se sont toutefois accrus, et l’optimisme à l’égard de l’Europe requiert un apaisement des tensions commerciales mondiales.

Perspectives stratégiques

  • Cycle économique: Nous nous attendons toujours à une amélioration du cycle économique au cours des mois à venir, à mesure que l’incidence d’événements ponctuels s’atténuera, bien que cela prenne plus de temps que prévu. Comme les exportations vers les marchés émergents représentent près de 10 % du PIB de la zone euro, une nouvelle intensification du conflit commercial constitue un risque important. De même, l’Europe profitera d’un dégel sur le plan commercial et devrait se trouver parmi les principaux bénéficiaires des importantes mesures de relance chinoises.
  • Valorisation: Les actions de la zone euro sont proches de la juste valeur selon nos calculs. Les obligations d’État de base sont chères à long terme. Les rendements des obligations allemandes à 10 ans, se chiffrant à -0,25 % à la mi-juin, peuvent en fait difficilement baisser davantage de façon réaliste.
  • Confiance: Les indicateurs à contre-courant de la confiance sont généralement neutres à la mi-juin. Nous ne voyons aucun signe de surachat ou de survente des actions. La dynamique des prix des actions de la zone euro est fixe.
Site preferences