Principaux points à retenir :
- Pour le Royaume-Uni, l’accord commercial atténue les tarifs douaniers élevés sur les voitures, l’acier et l’aluminium, mais les tarifs réciproques de 10 % sur d’autres biens restent en vigueur.
- Les marchés financiers ont salué la conclusion de cet accord. Les actions américaines ont d’abord progressé, mais elles se sont ensuite essoufflées.
- Des négociations bien plus difficiles avec d’autres pays attendent maintenant l’administration Trump.
La « saison des accords » du président américain Donald Trump est lancée, le Royaume-Uni étant devenu, le 8 mai, le premier pays à conclure un accord commercial avec les États-Unis depuis le début du second mandat du président.
L’acier, l’automobile et le bœuf étaient au programme, alors que le reste du monde guettait le moindre indice sur la manière dont les futurs accords pourraient se dérouler.
L’art de la négociation
À la déception de plusieurs, le tarif réciproque de 10 %, initialement annoncé par le président Trump le 2 avril, demeure en vigueur.
De plus, M. Trump a indiqué que ce taux constituerait probablement le seuil minimal, ce qui tempère l’optimisme quant à d’autres négociations commerciales.
Cela renforce la probabilité que les tarifs douaniers restent à leur niveau le plus élevé depuis au moins les années 1940, même si des accords sont conclus avec d’autres pays.
Allègement tarifaire
Toutefois, le Royaume-Uni a obtenu un certain allègement : les deux pays ont convenu que jusqu’à 100 000 véhicules pourraient être exportés chaque année du Royaume-Uni vers les États-Unis, soumis à un taux tarifaire de 10 %, au lieu du taux de 27,5 % précédemment en vigueur.
À titre d’exemple, les exportations de voitures britanniques vers les États-Unis ont été évaluées à 6,7 milliards de livres sterling en 2024, soit 26 % du total des exportations de voitures. Cela faisait des États-Unis le principal marché d’exportation de l’industrie automobile britannique et souligne l’importance de l’allègement tarifaire.
Cependant, bien que le Royaume-Uni ait annoncé que les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium passeront de 25 % à 0 %, la Maison Blanche s’est contentée de déclarer que les deux pays « négocieront un autre accord », laissant planer un doute sur la question.
Il s’agit d’un compromis significatif, puisque la production d’acier demeure un enjeu majeur pour le premier ministre britannique Keir Starmer. En 2024, le Royaume-Uni a exporté pour 370 millions de livres sterling d’acier et pour 225 millions de livres sterling d’aluminium vers les États-Unis, ce qui représente respectivement 9 % des exportations totales d’acier et 7 % des exportations d’aluminium.
Du point de vue des États-Unis, l’accord commercial élargit l’accès des produits agricoles américains au marché britannique, ce qui pourrait générer 5 milliards de dollars américains de nouvelles occasions d’exportation pour les produits américains, notamment le bœuf et l’éthanol.
Évaluation instantanée
Les marchés financiers ont salué la conclusion de cet accord. Les actions américaines ont fortement progressé dans un premier temps, l’indice S&P 500 enregistrant une hausse d’environ 1,5 % à un moment donné, avant de s’essouffler pour clôturer en hausse de 0,6 %. Pendant ce temps, le dollar américain a progressé de 0,7 % par rapport à l’euro et de 0,2 % par rapport à la livre sterling. Le dollar reste cependant en forte baisse depuis l’investiture du président Trump.
L’accord entre les États-Unis et le Royaume-Uni n’est pas un accord de libre-échange global, mais un accord conclu rapidement en réaction aux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump (y compris les tarifs du « Jour de la libération »). En d’autres termes, la Grande-Bretagne a échangé la possibilité d’exporter des voitures (principalement haut de gamme) avec des tarifs douaniers de 10 %, contre un accès plus facile pour le bœuf et l’éthanol américains.
Les autres accords
Des négociations bien plus difficiles avec d’autres pays attendent maintenant l’administration Trump. Les principales négociations à suivre seront celles avec la Chine et l’Union européenne.
Parvenir à un terrain d’entente avec le Royaume-Uni s’annonçait plus facile qu’avec d’autres pays, puisque le taux tarifaire réciproque appliqué à la Grande-Bretagne était déjà au niveau le plus bas, soit 10 %. Bien que les annonces des gouvernements américain et britannique aient été bien accueillies par les marchés, le diable se cache dans les détails, et l’impact économique positif reste marginal.
Pour le Royaume-Uni, l’accord atténue les tarifs douaniers sectoriels élevés (27,5 % et 25 %) sur les voitures, l’acier et l’aluminium, mais les tarifs réciproques de 10 % restent en vigueur. Les investisseurs pourraient être déçus une fois l’enthousiasme initial estompé.