Principaux points à retenir
Les actions à petite capitalisation pourraient bientôt bénéficier de la démondialisation, de l’augmentation des dépenses de défense et d’une nouvelle ère de progrès technologiques.
Nous pensons que les gestionnaires actifs sont bien positionnés pour tirer parti des inefficacités dans ce domaine en raison de la couverture limitée des analystes et des indices moins concentrés.
Une reprise des actions à petite capitalisation est-elle imminente?
La valorisation des actions à petite capitalisation par rapport à celles à grande capitalisation reste historiquement attrayante, et les reprises passées des titres à petite capitalisation ont entraîné des périodes significatives de rendement supérieur. Cependant, la grande question qu’on nous pose souvent est la suivante : « Bien sûr, cela semble intéressant... mais quel serait le catalyseur pour une reprise des titres à petite capitalisation? » Nous pensons que le vent pourrait bientôt tourner en leur faveur. Les facteurs à l’origine de ce changement potentiel sont les suivants :
- l’essor de la démondialisation;
- le développement des infrastructures;
- l’augmentation des dépenses de défense;
- une nouvelle vague d’innovations technologiques stimulée par l’IA, associée à un flux de projets d’introduction en bourse attrayants à travers le monde.
De plus, nous pensons qu’il sera essentiel de s’exposer aux titres à petite capitalisation par l’intermédiaire de gestionnaires actifs compétents.
Commençons par lever le voile sur l’un de ces facteurs : le retour au régionalisme.
L’essor du régionalisme
Le changement géopolitique qui s’est amorcé au milieu des années 2010, marquant un abandon progressif de la mondialisation et du libre-échange, s’est accéléré depuis la COVID. Nous avons observé une tendance mondiale générale des gouvernements à encourager la production nationale, notamment par la relocalisation et la délocalisation à proximité des chaînes d’approvisionnement. Les dépenses en défense ont également augmenté, avec un accent particulier sur la production localisée. Les récentes hausses des tarifs douaniers mondiaux ont accentué cette tendance.
À mesure que le monde se régionalise, nous y voyons une occasion pour les petites entreprises à l’échelle mondiale. Voici pourquoi.
Passer au local
Les entreprises à petite capitalisation sont généralement plus axées sur le marché intérieur que les grandes multinationales. La démondialisation réoriente l’activité économique vers l’intérieur, ce qui profite aux entreprises qui desservent les marchés locaux. Si un pays stimule son industrie manufacturière, les entreprises sont susceptibles de créer de nouvelles usines, des centres logistiques et des solutions pour la chaîne d’approvisionnement. Les entreprises industrielles et celles du secteur des matières premières à petite capitalisation orientées vers le marché intérieur pourraient voir leur demande augmenter.
Jouer la carte de la défense
Un autre facteur susceptible de stimuler les titres à petite capitalisation est l’intensification des dépenses en défense. Alors que les gouvernements s’engagent à augmenter leurs dépenses dans le secteur de la défense, ces investissements se répercutent sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Si de grands acteurs tels que Boeing et Airbus remportent l’ensemble des contrats, les retombées profiteront aux entreprises à petite capitalisation spécialisées dans l’aérospatiale, la technologie et l’ingénierie. Ces sociétés affichent souvent une croissance plus élevée et sont suffisamment flexibles pour remporter des contrats sur des créneaux que les grands acteurs négligent.
Vague de PAPE
Les titres à petite capitalisation devraient également profiter d’une augmentation potentielle des premiers appels publics à l’épargne (PAPE). Les récentes difficultés macroéconomiques, notamment l’inflation élevée et la hausse des taux d’intérêt, ont retardé les projets de PAPE pour de nombreuses sociétés financées par le capital-risque, telles que Stripe, Klarna et Instacart. Cela a créé un arriéré de jeunes pousses matures (série D et au-delà), en particulier dans les secteurs à forte croissance tels que les logiciels d’entreprise, la technologie financière, la santé numérique, la technologie climatique et l’IA appliquée. Même si quelques-unes pourraient faire leur début avec une valorisation supérieure entre 5 et 10 M$ US, la plupart devraient entrer sur le marché avec une valorisation inférieure à 2 M$ US, élargissant ainsi l’univers des titres à petite capitalisation riches en innovation.
Des jeunes pousses telles que Jasper, Vanta et Drata tirent parti de l’IA pour remodeler des secteurs, tandis que des entreprises spécialisées dans les technologies climatiques telles que Form Energy et Twelve bénéficient d’une législation favorable. Dans les secteurs de la santé numérique et des biotechnologies, des entreprises telles qu’Omada Health et des jeunes pousses spécialisées dans la génomique basée sur l’IA progressent rapidement, souvent avec le soutien de la FDA. Parallèlement, des acteurs de l’infrastructure de technologie financière dans le commerce interentreprises, tels qu’Alloy et Unit, ont gagné du terrain grâce à l’amélioration des conditions réglementaires. Dans l’ensemble, ces entreprises offrent une exposition précoce et des solutions innovantes et évolutives qui suscitent un vif intérêt chez les investisseurs.
Entrée en bourse
Pendant ce temps, aux États-Unis, les récentes réformes de la SEC (comme les dépôts confidentiels) et les politiques issues de l’Inflation Reduction Act et du CHIPS Act facilitent l’entrée en bourse des jeunes pousses. De plus, l’application plus stricte des lois antitrust a limité les fusions et acquisitions par les géants de la technologie, incitant davantage de jeunes pousses à se tourner vers les PAPE comme principale voie de sortie.
Les titres à petite capitalisation offrent non seulement un potentiel de croissance plus important, mais aussi des valorisations attrayantes après réinitialisation. Ils donnent également accès à des PAPE de grande qualité, soutenues par des revenus récurrents et une exposition à des thèmes majeurs tels que l’IA et les technologies climatiques. Cela les place en bonne position pour afficher un rendement plus solide après leur PAPE que lors des cycles précédents.
Avantage de la gestion active
À mesure que le paysage des titres à petite capitalisation évolue, les occasions et les défis changent également. C’est là que nous pensons que les gestionnaires actifs peuvent apporter une réelle valeur ajoutée. La gestion active des actions mondiales à petite capitalisation peut offrir un rendement supérieur à celui des indices de référence passifs au fil du temps. Cet avantage repose à la fois sur des inefficacités informationnelles et des dynamiques structurelles du marché qui sont particulièrement marquées dans le segment des titres à petite capitalisation.
Les données démontrent que les gestionnaires de titres à petite capitalisation ont obtenu un rendement supérieur à celui de leurs indices de référence pendant la plupart des périodes. Le rendement supérieur moyen des gestionnaires sur cinq ans varie de 0,67 % pour les titres à petite capitalisation européens à 3,10 % pour les titres à petite capitalisation japonais.
Déjoueurs d’indices
Les gestionnaires de titres à petite capitalisation ont tendance à obtenir un rendement supérieur à celui des indices de référence passifs au fil du temps
Rendement supérieur moyen des gestionnaires par catégorie d’actifs, moyenne mobile sur cinq ans
Source : Investissements Russell
L’un des principaux facteurs à l’origine du rendement supérieur des gestionnaires actifs est la disparité entre la couverture des actions à grande capitalisation et celle des actions à petite capitalisation par les analystes. Alors que les actions à grande capitalisation sont généralement couvertes par 16,4 analystes en moyenne, les actions à petite capitalisation ne sont couvertes que par environ 5,7 analystes. Cela crée un écart d’information que les gestionnaires actifs peuvent exploiter grâce à des recherches exclusives et une analyse plus approfondie.
En plus de la couverture limitée, les indices de référence des titres à petites capitalisations tendent à inclure une plus grande proportion d’entreprises de moindre qualité. Plus de 40 % des entreprises américaines à petite capitalisation ne sont pas rentables (15 à 20 % de la pondération), contre environ 20 % des entreprises à moyenne capitalisation.
Malgré la présence croissante d’entreprises non rentables dans les indices de titres à petite capitalisation, les données montrent que les entreprises rentables au sein de l’indice Russell 2000 ont généré des rendements nettement meilleurs au fil du temps. Les gestionnaires actifs sont mieux positionnés pour identifier et investir dans ces entreprises de meilleure qualité, en évitant celles qui ont des bilans fragiles ou des modèles d’affaires non viables.
Enfin, la structure des indices de référence des titres à petite capitalisation est intrinsèquement plus favorable à la gestion active. Contrairement aux indices de titres à grande capitalisation, qui sont souvent dominés par quelques actions à mégacapitalisation, les indices de titres à petite capitalisation sont répartis de manière plus uniforme. Même lorsque Super Micro Computer, Inc. (SMCI) a atteint son sommet en 2024, elle ne dépassait pas 5 % de la pondération globale de l’indice Russell 2000 Growth. Cette uniformité permet aux gestionnaires actifs de miser davantage sur des idées à forte conviction sans être limités par la pondération de quelques titres dominants.
Alléger la charge
La pondération des titres individuels est plus uniformément répartie dans les indices des titres à petite capitalisation que dans ceux à grande capitalisation
Pondérations des 10 principales entreprises de l’indice MSCI Monde à petite capitalisation et de l’indice MSCI Monde
Source : MSCI, Investissements Russell, au 30 mai 2025.
L’avantage du gestionnaire actif spécialisé dans les titres à petite capitalisation réside dans sa capacité à exploiter les inefficacités, à naviguer dans la volatilité, à tirer parti de la flexibilité structurelle et, en fin de compte, à obtenir un rendement supérieur sur l’ensemble d’un cycle.
Petits mais puissants
Une reprise des titres à petite capitalisation est-elle envisageable? C’est certainement possible. De nouvelles politiques qui favorisent des chaînes d’approvisionnement plus courtes et la production nationale, ainsi qu’une vague prochaine d’introductions en bourse liées à l’innovation dans plusieurs secteurs, pourraient être l’étincelle qui mettra le feu aux poudres.
En raison des inefficacités dans le secteur des titres à petite capitalisation, nous croyons qu’il est préférable d’investir par l’intermédiaire de gestionnaires actifs compétents. Trois éléments que les investisseurs devraient prendre en considération :
- inclure les titres à petite capitalisation dans votre répartition d’actifs;
- rechercher la diversification à l’échelle mondiale dans le secteur des titres à petite capitalisation;
- utiliser des stratégies à gestion active pour capitaliser sur les inefficacités du marché.
En fin de compte, lorsqu’on explore le monde à la recherche de grandes idées, parfois, il vaut mieux voir petit.