Décembre 2021
L’envol des faucons

Le mois de décembre conclut l’année sur une note très positive avec des marchés actions qui atteignent de nouveaux records historiques malgré un retour des restrictions sanitaires dû au variant Omicron, notamment en Europe. En effet, bien que le risque sanitaire ne soit pas complétement écarté, l’optimisme concernant le variant Omicron et l’efficacité des vaccins à son égard semble avoir pris le dessus auprès des investisseurs. De plus, le virage « hawkish » que prennent les banques centrales, avec la Fed en tête de file, rassure le marché concernant le fait que les banquiers centraux ne resteront pas sans rien faire face au risque d’une inflation élevée et persistante.

Commentaire de marché

Les marchés ont démarré le mois sur la même tendance qu’ils avaient clôturé le mois de novembre, une tendance baissière. En effet, l'incertitude entourant le nouveau variant du coronavirus, Omicron, était toujours présente et de nombreux pays, notamment en Europe, ont commencé à renforcer les restrictions aux frontières ainsi qu’à réintroduire des mesures au niveau national pour tenter de limiter la propagation du variant. Ce renforcement des restrictions avec la mise en place de confinement dans certains pays tels que l’Autriche ou les Pays Bas a de même amené quelques épisodes de volatilité au cours du mois.

Néanmoins, les nouvelles des scientifiques et des laboratoires pharmaceutiques se voulaient rassurantes, ce qui a permis un regain d’optimismes des investisseurs. En effet, même si les études montrent que ce nouveau variant serait beaucoup plus transmissible que le variant Delta, ce qui explique l’explosion de cas à travers le monde, le variant Omicron serait moins dangereux que les précédents variants. De plus, des études publiées par Pfizer & BioNTech montrent que 2 doses de leur vaccin protègent à 70% contre une hospitalisation due au variant Omicron et que le « booster », la 3ème dose du vaccin, multiplie par 25 (37 pour celui de Moderna) le niveau d’anticorps contre ce variant.

Dans un même temps, les craintes inflationnistes se faisaient toujours sentir avec une inflation qui continue de grimper pour atteindre de nouveaux niveaux historiques. En effet, l’indice des prix à la consommation aux Etats Unis affiche une hausse de 6,8% en novembre sur une année glissante et l’indice « core », excluant les prix de l’énergie et de la nourriture, une hausse de 4,9% sur une année glissante, des niveaux plus observés depuis respectivement 40 et 30 ans.

Tous les yeux étaient donc rivés vers la réunion de la Fed, les investisseurs anticipant une accélération du « tapering » initié le mois dernier. Pas de surprise à ce niveau-là, avec une augmentation de la réduction de ses achats d’actifs de 15 milliards de dollar à 30 milliards de dollar par mois pour un arrêt prévu en mars 2022. La Fed ayant répétée qu’une hausse des taux n’interviendrait pas au cours du « tapering », cette mesure offre ainsi plus de marge de manœuvre pour agir après la fin du premier trimestre 2022 et ainsi évaluer la situation à ce moment donné. Par ailleurs, la surprise est venue des « dot plots », projections des membres de la Fed quant aux hausses de taux à venir sur les prochaines années. En effet, une majorité des membres (10) se prononcent désormais pour 3 hausses de taux en 2022. Rappelons qu’en septembre 2021, lors de la dernière publication des « dot plots », seulement 3 membres se prononçaient pour 2 hausses de taux en 2022, 6 membres pour 1 hausse mais aucun n’estimait que 3 hausses de taux auraient lieu en 2022.

Suite à ce virage « hawkish », les marchés ont réagi de manière très positive en appréciant le fait que les banquiers centraux prendraient les mesures nécessaires pour contrer cette hausse de l’inflation. De plus, même si les prévisions d’inflation ont été revues à la hausse pour 2022 (Core PCE de 2.3% à 2.7%), la Fed a relevé ses prévisions de croissance de 3,8% à 4,0% pour 2022, tout en abaissant les prévisions du taux de chômage de 3,8% à 3,5% en 2022. Jerome Powell a en effet souligné les solides progrès qui ont été réalisés ces derniers mois au sein de l’économie américaine et le court chemin qui la séparait du plein emploi. Les chiffres sur l’emploi américain venaient appuyer cela avec l’ajout de 249 000 nouveaux emplois courant novembre, certes inférieurs aux attentes de 550 000 nouveaux emplois, mais avec un taux de chômage qui chute à 4,2%, non loin des niveaux pré-Covid (3,5% en Février 2020).

Une autre surprise nous est parvenue d’outre-manche. En effet, la Banque d’Angleterre a de nouveau pris de court les marchés en annonçant une hausse de leur taux directeur de 15 points de base à 0,25%, et ce malgré une explosion des cas de Covid au Royaume-Uni et une économie toujours inférieure au niveau pré-Covid. La BCE quant à elle est restée sur sa même ligne directrice en continuant de soutenir les marchés tant que cela sera nécessaire. En effet, le programme d’urgence PEPP, qui s’achèvera fin mars, laissera sa place uniquement à l’APP (Asset Purchase Programme) qui verra sa taille actuelle passer de 20 milliards à 40 milliards d’euros au 2nd trimestre 2022, puis réduit à 30 milliards d’euros au 3ème trimestre et à 20 milliards d’euros par la suite. Christine Lagarde a également réitéré qu’une hausse de taux restait très peu probable pour 2022.

Malgré une liquidité amoindrie en cette période de fin d’année, les marchés ont été porté par un sentiment risk-on, faisant fi de la recrudescence de la pandémie, qui a donné lieu à un rallye de fin d’année. Les marchés actions ont donc enregistré de nouveaux records historiques en cette fin de mois, notamment l’indice S&P 500 à 4 793 points et l’indice CAC 40 à 7 181 points, ce dernier signant l’une des meilleures performances du mois (+6,5% en euros).

Dans ce contexte, les marchés internationaux terminent le mois de décembre sur une note positive, en hausse de +3,2% pour l’indice MSCI World (en euros). Ce rallye a par ailleurs bénéficié aux valeurs cycliques/value et au marché européen qui avaient le plus souffert le mois dernier. Ainsi, l’indice Euro Stoxx 50 progresse de +5,8% (en euros) sur le mois contre +3,4% (en euros) pour l’indice S&P 500 et seulement +0,1% (en euros) pour le Nasdaq 100.

Cette hausse vient clôturer une année exceptionnelle pour les marchés actions avec des performances pour 2021 comprise entre +20 et +30% environ en euros selon les régions. Seul ombre au tableau, les marchés émergents qui finissent tout de même le mois en hausse de +0,8% et l’année 2021 en hausse de +4,9% (MSCI Emerging Markets en euros), encore pénalisés par les difficultés du marché chinois et son recul de -4,1% sur le mois et de -15,8% sur l’année 2021 (MSCI China en euros). En effet, le ralentissement du crédit en Chine, la recrudescence des contaminations ainsi que les mesures drastiques de confinement mises en place dans le cadre de la politique « zéro-covid » laissent planer le doute quant à la reprise de la croissance chinoise.

Au sein des marchés obligataires, les annonces de restriction monétaire des banques centrales ont provoqué un aplatissement de la courbe des taux. Le taux 2 ans US grimpe de plus de 20 points de base sur le mois, tandis que le taux 10 ans termine à 1,52% contre 1,43% en début de période. Parallèlement, le contexte a été bénéfique pour le marché de la dette à haut rendement, illustrant la préférence des investisseurs pour des actifs plus risqués.

Retrouvez nos perspectives de marchés pour 2022 – Est-ce que l’inflation tendra à se normaliser en 2022 ? https://russellinvestments.com/-/media/files/emea/france/insights/gmo/global-market-outlook-summary-french.pdf

Merci de noter que tout investissement comporte des risques, notamment celui de perte de capital.

Merci de noter que tout investissement comporte des risques, notamment celui de perte de capital.