Août 2021
La tendance estivale se poursuit

Les marchés financiers ont continué leur progression au mois d’août, atteignant de nouveaux records notamment aux Etats-Unis et en Europe. En effet, les marchés ont été portés par les résultats spectaculaires des entreprises ainsi que la poursuite de la vaccination et de la reprise économique au niveau mondial. Néanmoins, l’activité économique commence à montrer des signes de normalisation suite aux pics atteints sur les mois précédents. De plus, les mêmes craintes persistent auprès des investisseurs quant à la propagation du variant delta, notamment dans les pays émergents, ainsi que la forte poussée de l’inflation et la réponse monétaire des banques centrales.

Commentaire de marché

Les marchés ont bien démarré le mois avec les chiffres sur l’emploi américain pour le mois de juillet qui ont dépassé les attentes. En effet, 943 000 nouveaux emplois ont été créés contre 870 000 attendus par le consensus, signe de la bonne santé de l’économie américaine. Le taux de chômage passe de 5.9% à 5.4%, toujours au-dessus des niveaux pré-Covid (3.5% en février 2020), mais au plus bas depuis Mars 2020.

La vaccination bat son plein alors que le nombre de contaminations, dû au variant delta, progresse. Cependant, nous constatons que le nombre d’hospitalisations se stabilise ou diminue grâce à l’efficacité des vaccins et la protection contre les formes graves du virus. Néanmoins, l’efficacité du vaccin à long terme est remise en question en raison de la diminution des anticorps observée chez les personnes vaccinées. C’est pourquoi une politique d’administration de 3ème dose, appelée « booster », a été mise en place dans plusieurs pays, notamment en Israël où le nombre de cas a explosé. Rappelons qu’Israël a été le premier pays à vacciner massivement sa population et à lever toutes les restrictions liées au Covid-19. C’est également le cas pour les Etats Unis à partir de fin septembre, ainsi qu’à partir d’octobre en France pour les personnes âgées et les personnes vulnérables.

Les indices PMI ont marqué le pas au mois d’août avec un ralentissement de la croissance aussi bien sur les activités de service que sur l’activité manufacturière. En effet, l’indice composite aux Etats-Unis a perdu environ 3 points (55.4) tandis que l’indice composite au Royaume-Uni a perdu près de 4 points (55.3). Seule l’Union européenne, grâce à la levée des restrictions à travers les différents pays, s’est stabilisée avec un indice composite à 59.5. Par ailleurs, ce sont les données économiques de la Chine qui inquiète le plus avec une contraction de l’activité des services au mois d’août (47.5) et un indice manufacturier quasi neutre (50.1). Ces résultats peuvent s’expliquer par les mesures ultra restrictives mises en place par le gouvernement dans le cadre d’une politique « zéro cas Covid » qui a notamment donné lieu à la fermeture d’un port dans le pays, 3ème plus grand port au monde, à la suite d’un cas positif.

En cette fin de mois d’août, les yeux des investisseurs étaient rivés vers Jackson Hole et le discours, tant attendu de Jerome Powell concernant le « tapering », réduction de leur programme d’achat d’actifs qui rappelons-le s’établit à 120mds de dollars par mois actuellement. Finalement, le ton était plutôt accommodant et le président de la Fed a tenu à dissocier le « tapering » de la remontée des taux ce qui a bien été accueillie par le marché. De plus, Jerome Powell a reconnu les progrès de l’économie américaine au niveau des emplois et a confirmé que la Fed pensait à réduire les achats d’ici la fin de l’année, ce qui pourrait maintenant être annoncé lors des prochaines réunions de septembre ou novembre. Concernant l’inflation, même si celle-ci reste sur des niveaux historiquement élevés au mois d’août, 5.4% en glissement annuel aux Etats-Unis, la Fed, ainsi que bons nombres d’observateurs, estiment qu’elle reste transitoire. Cela s’explique notamment par les goulets d’étranglements dus à la forte reprise de la demande cyclique ainsi que par l’effet de base dû à la pandémie de 2020. Il reste tout de même de l’incertitude quant aux modalités d’implémentation de ce « tapering » qui n’ont pas encore été discutées.

Dans ce contexte, les entreprises ont su profiter de la reprise économique et ont réussi à optimiser leur structure de coûts pour faire face à cette inflation. En effet, la publication des résultats a été excellente tant aux Etats-Unis qu’en Europe. En cela, les estimations pour le second trimestre portaient sur une croissance des bénéfices des entreprises du S&P 500 d’environ 69%, alors que fin août, suite à la publication des résultats de la majorité, la croissance affichée était de 95%. Les valeurs dites « value » se sont également démarquées avec 94% de hausse des bénéfices alors que que les valeurs de croissance enregistrent une progression de 50%. Ces solides résultats ont porté les marchés au mois d’août avec de nouveaux records atteints notamment aux Etats-Unis sur l’indice S&P 500 et en Europe sur l’indice Euro Stoxx 50. Cela a également permis d’effacer l’épisode de volatilité sur les marchés, survenus au cours du mois en raison de la situation économique et sanitaire de la Chine, couplée aux nouvelles réglementations mises en place par le gouvernement chinois sur les sociétés Internet.

Un été donc plutôt « risk-on », avec des marchés internationaux qui terminent le mois d’août sur une solide hausse, à 2,95% pour l’indice MSCI World (en euros). Néanmoins, la tendance qui s’était dessinée au mois de juin et juillet, avec les craintes des investisseurs quant à l’inflation et au variant delta et un retour sur des actifs plus défensifs, s’est encore confirmée ce mois-ci. En effet, la pause dans la rotation sectorielle s’est prolongée sur le mois d’août. En cela, les valeurs de qualité/croissance ont surperformé les valeurs cycliques/value et les investisseurs ont favorisé les marchés US aux marchés non-US. Ainsi, l’indice S&P 500 affiche une nouvelle forte performance sur le mois (+3.46%, en euros) tandis que les marchés européens établissent une belle performance mais plus mesurée (+2.63% pour l’indice Euro Stoxx 50).

Les marchés émergents ont par ailleurs bien rebondi suite aux événements du mois dernier qui avaient impacté la confiance des investisseurs. En effet, l’indice MSCI Emerging Markets progresse de +3.08% sur le mois (en euros), tandis que la Chine termine tout de même en hausse de +0.46% (indice MSCI China, en euros). A noter également un fort rebond des marchés japonais, avec un indice MSCI Japan en hause de +3.54% (en euros).

Au sein des marchés obligataires, les taux des emprunts d’Etats ont légèrement augmenté au cours du mois, illustrant la préférence des investisseurs pour des actifs plus risqués. Parallèlement, le contexte a été bénéfique pour les marchés du crédit, et notamment celui de la dette à haut rendement.

Merci de noter que tout investissement comporte des risques, notamment celui de perte de capital.

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