October 2022
Le pivot au bout du tunnel !

Nous avons assisté à un fort rebond des marchés actions au cours du mois d’octobre et particulièrement pour les valeurs de la zone euro qui s’adjugent près de 8% de hausse. Ce regain d’optimisme a reposé sur plusieurs facteurs tant macro-économiques que micro-économiques : la nette baisse des prix du gaz diminuant ainsi les pressions inflationnistes à venir, la baisse de l’aversion au risque au Royaume-Uni après le changement de Premier Ministre, une saison de publication de résultats moins mauvaise qu’anticipée et, de nouveau, l’espoir d’un retour à une politique monétaire un peu moins répressive de la part de la Réserve Fédérale après la très probable hausse de taux de 75 points de base début novembre, considérant ainsi que le pic d’inflation est passé.

Commentaire de marché

Après quasiment deux mois de hausse ininterrompue des taux d’intérêt et de baisse des marchés actions, les différents indices boursiers ont débuté le mois d’octobre sur un rythme haussier et moins volatil. Ils ont notamment bénéficié du net recul des offres d’emplois aux Etats-Unis (10.05M contre 11.1M attendu, au plus bas depuis juin 2021) et l’annonce surprise d’une hausse des taux moins forte que prévu par la Banque centrale d’Australie : +25 points de base au lieu de +50 points de base attendu. Par ailleurs, l’annonce du gouvernement britannique d’amender son programme budgétaire en supprimant la plus forte tranche d’imposition a été bien vue par le marché même si cela ne représente que 2 milliards sur les 45 milliards de dépenses prévues par le plan.

Toutefois, les marchés ont connu un nouvel épisode de volatilité avec les nouvelles données de l’inflation aux Etats-Unis. En effet, l’inflation a surpris une nouvelle fois à la hausse, ressortant au-dessus des attentes à 8.2%, l’inflation sous-jacente progressant nettement à +6.6%, soit le plus haut niveau depuis 1982. A cela, se sont ajoutés des chiffres de l’emploi solide : une nouvelle baisse du taux de chômage à 3.5% a été observée (vs attendu stable à 3.7%) tandis que les créations d’emploi, bien qu’en ralentissement, ressortent à un niveau nettement plus élevé que ce qui était attendu. Ces publications ainsi que les minutes de la FED ont sapé le moral des investisseurs et leurs espoirs quant à une probable inflexion monétaire de Jerome Powell, provoquant une nouvelle envolée des taux (4.25% pour le 10 ans américain) et une baisse des marchés actions au plus bas depuis le début de l’année 2022.

Alors que les Etats-Unis font preuve d’une véritable résilience économique malgré une forte inflation, la Chine apparait tout en contraste. L’activité du secteur des services s’est à nouveau contractée à sous l’effet des restrictions sanitaires et du maintien d’une politique « Zero-Covid » (de nouvelles villes ont été soumises à des mesures de confinement) : l’indice PMI Caixin des services est de retour en territoire de contraction (49.3 vs 54.5 attendu) pour la première fois depuis mai .Ceci a pesé sur la performance des marchés émergents asiatiques, alors que le Brésil a affiché de solides performances, porté par les prix des matières premières énergétiques et les résultats du premier tour des élections présidentielles, dont les résultats ont confirmé un Congrès équilibré et une victoire de Lula non assurée.

Sur la seconde quinzaine du mois, les marchés financiers ont connu une baisse de l’aversion au risque, permettant d’afficher un rebond d’environ 10% par rapport aux points bas enregistrés à la mi-octobre.

Plusieurs éléments sont venus en soutien de cette phase de reprise :

  • La séquence politico-monétaire au Royaume-Uni est venue rassurée les marchés : Les annonces britanniques d’ajustement du programme budgétaire puis de la démission de Liz Truss ont permis une détente des taux, un rebond des actions et de la livre sterling. Par la suite, La nomination de Rishi Sunak au poste de Premier ministre du Royaume-Uni et l’annonce de la composition du nouveau gouvernement italien (avec un ministre des Finances plutôt pro-européen) ont été saluées par les investisseurs comme un reflux du risque politique en Europe.
  • Plusieurs indicateurs économiques ont illustré d’un début de ralentissement de l’économie américaine : Le marché immobilier américain est d’ores et déjà impacté par la hausse des taux avec une forte diminution des mises en chantier en septembre et une nouvelle baisse des ventes de maisons existantes. A cela, s’est ajouté un indice Empire Manufacturing à -9.1 au mois d’octobre vs. -1.5 le mois précédent et -3 attendu. Les indicateurs d’activité PMI d’octobre se sont également dégradés, tant aux Etats-Unis (47.3 contre 49.5 en septembre) qu’en zone euro (47.1 contre 48.1 en septembre).
  • - Les résultats des entreprises pour le 3ème trimestre ont également été un facteur de soutien : dans l’ensemble, celles qui ont publié leurs chiffres enregistrent de bons résultats, notamment les valeurs bancaires. Netflix a également surpris positivement, tandis que le secteur du Luxe en Europe a été satisfaisant. Quelques noms ont déçu néanmoins tels que Meta ou Tesla.

Dans ce contexte, les marchés internationaux terminent le mois d’octobre en hausse, de l’ordre de +6,2% pour l’indice MSCI World (en euros). Toutes les zones géographiques ont relativement bien performé : les actions américaines ont progressé de 7% (S&P 500, en euros) et ce malgré une sous-performance des valeurs technologiques dans un contexte de publications de résultats en demi-teinte Les actions européennes ont profité du regain d’optimisme, progressant de 9.1% (indice Euro Stoxx 50).

Les actions émergentes ont sous-perfomé sur la période, en relatif par rapport aux actions internationales (MSCI Emerging Markets en baisse de -4% en euros), pénalisées par la performance des actions chinoises. En effet, le maintien de la politique zéro-covid ainsi que les difficultés du secteur immobilier ont pesé sur le sentiment des investisseurs, tandis que la tenue du 20e Congrès national du Parti communiste chinois s’est achevé sur fond de craintes de concentration accrue du pouvoir.

Les marchés de taux ont également connu une nouvelle période de forte volatilité, au gré des anticipations d’inflations et des mouvements de taux des banques centrales. Les marchés des obligations gouvernementales ont particulièrement souffert terminent à nouveau le mois en territoire négatif, tandis que la baisse de la volatilité sur les marchés actions a permis un certain regain d’appétit pour le crédit obligataire, notamment le High Yield.