Octobre 2020
Fébrilité des investisseurs face à la 2ème vague

Les marchés financiers ont terminé le mois d’octobre dans le rouge, pénalisés par la dégradation de la situation sanitaire dans le monde. A l’aune de cette deuxième vague, plusieurs gouvernements européens ont annoncé un reconfinement, certes allégé par rapport à celui du printemps 2020, mais laissant anticiper une nouvelle phase de ralentissement de l’activité économique. A cela, s’est ajoutée l’incertitude quant aux élections américaines, renforçant le sentiment d’aversion au risque des investisseurs.

Commentaire de marché

Alors que le mois de septembre avait clôturé sur un mouvement de correction des différentes places boursières, les investisseurs ont opté pour davantage d’optimisme début octobre, s’appuyant sur des données macro-économiques de bonne facture, davantage de visibilité quant à l’élection présidentielle américaine et minimisant le fait que la situation sanitaire continuait de se dégrader progressivement.

Après le premier débat entre J. Biden et D. Trump, et alors que le président américain ait été contaminé par le COVID-19, le candidat démocrate a de nouveau creusé son écart dans les sondages par rapport au Président sortant. Même si le programme de J. Biden intègre une augmentation des taxes des entreprises et des particuliers les plus fortunés et avait pu initialement inquiéter les investisseurs, ceux-ci apprécient désormais sa volonté de mettre en œuvre un plan budgétaire massif en cas de victoire, ce qui permettrait de compenser le ralentissement de l’économie américaine en raison de la crise sanitaire. En attendant les résultats de l’élection US, les négociations entre démocrates et républicains quant à un nouveau plan de relance étaient toujours dans l’impasse, Nancy Pelosi et Steven Mnuchin ne trouvant pas de consensus à la fois sur la taille de l’enveloppe et sur les secteurs pouvant bénéficier de ces mesures de soutien.

Pendant ce temps, la crise sanitaire a continué de progresser, avec une hausse record du nombre de nouveaux cas de Covid-19, en Europe et aux Etats-Unis notamment, l’Asie étant à ce stade relativement peu affectée par une deuxième vague de l’épidémie. Dans un premier temps, les principaux pays européens ont opté pour des mesures ciblées et locales pour tenter de contenir de l’épidémie : fermetures des bars et restaurants dans les zones les plus touchées, interdictions des grands évènements et rassemblements, couvre-feux… avec pour objectif de limiter au maximum l’impact économique sur la croissance du 4ème trimestre. Ces mesures, annoncées en milieu de mois, ont généré une légère volatilité sur les marchés, mais les indices boursiers ont fait preuve d’une certaine résilience, aidés par les discours toujours accommodants des banquiers centraux (la BCE devrait annoncer de nouvelles mesures de soutiens en décembre) et des publications macro-économiques et micro-économiques attestant d’un rebond vigoureux de l’activité sur le 3ème trimestre. A titre d’exemple, le PIB US a augmenté de 7,4% au T3, après une baisse de 9% au T2 (respectivement +33,1% et -31,4% en variation trimestrielle annualisée). Ce rebond est soutenu principalement par une consommation vigoureuse des ménages et un redémarrage de l’activité industrielle. Les secteurs des services restent impactés négativement par la pandémie et les mesures de distanciation sociale. Côté emploi, le nombre de personnes au chômage continue à baisser, mais reste sur des niveaux élevés. En Zone Euro, la croissance économique a également dépassé les attentes, affichant une hausse de 12.7% au 3ème trimestre.

Toutefois, en fin de période, le sentiment de panique l’a emporté, entrainant une forte correction des indices boursiers. Face à la poursuite de l’épidémie et l’envolée des cas de contaminations et d’hospitalisations, les gouvernements en Europe (Irlande, Slovénie, Espagne, France, …) ont opté pour de nouvelles mesures de confinement de la population. Certes, les modalités sont moins strictes qu’au printemps 2020, mais cela pèse sur la visibilité des investisseurs quant à la poursuite de la reprise économique pour le Q4 2020.

Enfin, l’absence d’avancées entre l’Europe et le Royaume-Uni sur les négociations du Brexit a également pesé sur les indices. Un accord devait être trouvé avant le 15 octobre, mais faute, une nouvelle fois, de compromis entre les parties, les négociations ont repris avec comme objectif de trouver un consensus avant la mi-novembre désormais.

Secoués essentiellement par la rapide progression de l’épidémie et compte tenu de mesures drastiques pour contenir le virus, les marchés se sont donc mis en mode risk-off à partir de la mi-octobre et terminent le mois en baisse, notamment en Europe. L’indice MSCI World recule de -2.4% en euros sur le mois. Le marché US est en baisse de -2.1% (indice S&P 500, en euros), affichant ainsi une certaine résilience dans ce contexte de hausse de la volatilité et aidé par une réappréciation du dollar américain (valeur refuge) vs l’euro en fin de période. Les marchés de la Zone Euro terminent en forte baisse, à -5.6% pour le MSCI EMU. L’Europe est désormais le nouvel épicentre de la crise sanitaire, nécessitant de nouvelles mesures de confinement pour affronter cette deuxième vague. Ainsi, les valeurs cycliques, industrielles et financières ont ainsi été les plus pénalisées, dans l’optique d’une croissance altérée sur le Q4. Les marchés japonais ont affiché une bonne performance en comparaison aux autres pays développés, reculant de « seulement » de -0.9% (Indice MSCI Japan, en euros). Malgré les inquiétudes internationales, le Japon profite de sa proximité avec l’Asie émergente qui affiche un solide rebond économique.

Les marchés actions des pays émergents affichent ainsi une performance de +2.7%, en euros pour l’indice MSCI Emerging Markets. L’Asie a largement contribué à la bonne performance, confortée par l’absence de reprise significative de l’épidémie dans la zone. La Chine a publié de nombreux indicateurs attestant de son rôle moteur de la croissance mondiale, avec une économie qui profite d’une forte consommation locale et d’une reprise de l’investissement.

Au sein des marchés obligataires, malgré un regain de tension en fin de période, les segments les plus risqués (dettes d’entreprise Investment Grade et High Yield) surperforment les obligations gouvernementales. Aux Etats-Unis, on a par ailleurs assisté à une légère remontée des taux au cours du mois, sur la partie la plus longue de la courbe.

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Merci de noter que tout investissement comporte des risques, notamment celui de perte de capital.

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