Rebond des marchés sur leurs niveaux d’avant-confinement

Les marchés financiers ont poursuivi le rebond entamé au cours du mois d’avril, permettant aux principaux indices des marchés actions de retrouver les niveaux de début mars. Malgré les craintes liées à une deuxième vague de l’épidémie dans le cadre des politiques de déconfinement et face à une accentuation des tensions entre les USA et la Chine, les marchés sont restés soutenus par les mesures de soutien monétaires et budgétaires mises en place pour pallier les effets de la crise.

Commentaire de marché

Le début du mois de mai a été marqué par une période d’incertitude sur les marchés financiers, ces derniers alternant jour de baisse et jour de hausse. Les investisseurs sont en effet restés dans l’expectative quant à la vigueur à attendre de l’économie mondiale dans les prochains mois. Certes, d’un côté, les marchés sont restés soutenus par les mesures de soutien budgétaires et monétaires pour pallier les effets de la mise à l‘arrêt des économies mondiales et ont regardé avec optimisme l’exemple de la Chine dont l’activité post-confinement est encourageante. Mais, d’un autre côté, alors que de nombreux pays entamaient leur phase de déconfinement (Italie, Allemagne, Espagne en début de mois puis la France le 11 mai), les investisseurs sont restés prudents, craignant une faible reprise macro-économique sur les mois à venir, et n’écartant pas à ce stade, l’hypothèse d’une possible deuxième vague de l’épidémie suite à l’apparition de certains « clusters épidémiques » en Allemagne ou en Corée du Sud.

Par ailleurs, plusieurs statistiques économiques publiés en début de période sont venus attester de l’ampleur de l’arrêt des économies :

  • En Zone Euro, l'indice des Directeurs d’Achats pour l'industrie manufacturière s'est établi à 33,4 en avril contre 44.5 en mars et s'est inscrit en dessous de sa dernière estimation. Il affiche ainsi son plus faible niveau depuis le lancement de l'enquête en juin 1997, éclipsant ses précédents records lors de la crise financière mondiale de 2009. l'indice PMI composite IHS Markit de l'activité globale (activités manufacturière & services) s'affiche à 13,6 en avril.
  • Aux Etats-Unis, le secteur privé américain a supprimé plus de 20 millions d'emplois au mois d'avril, amenant le taux de chômage à plus de 14%.

Côté entreprises, les résultats publiés pour le Q1 2020 ressortent en forte contraction, avec une baisse d’environ 13% pour les US et plus de 20% en Europe. Cette différence s’explique par une entrée plus tardive en confinement des US, et par une plus forte pondération des secteurs technologiques et défensifs qu’en Europe.

Parallèlement à cela, un regain des tensions sino-américaines est venu accroître le sentiment d’aversion au risque des investisseurs. Donald Trump a menacé de renégocier l’accord de Phase 1 signé en janvier 2020, d'instaurer de nouvelles taxes douanières et a surtout accusé la défaillance de la Chine dans sa gestion de l’épidémie, étant donc responsable de l’épidémie mondiale.

Puis, le sentiment des investisseurs s’est rapidement amélioré, permettant aux marchés actions de reprendre un chemin haussier et aux marchés obligataires de continuer à se normaliser. Plusieurs éléments ont constitué des facteurs de soutien :

  • La France et l’Allemagne ont proposé que le plan de relance européen, actuellement en préparation à Bruxelles, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays du bloc les plus touchés par l’épidémie du Covid-19 qui a quasiment paralysé l’activité économique du continent. L’Allemagne a accepté que ce plan de relance de 500 milliards d’euros soit financé par des emprunts au niveau de l’Union, premier pas vers une mutualisation des dettes. La Commission européenne a repris le fonctionnement du deal franco-allemand mais a intensifié l’ampleur de l’enveloppe, portant son montant de 500 à 750 milliards d’euros ;
  • Les avancées de plusieurs laboratoires pour trouver un vaccin ont été bien accueillies ;
  • Les marchés ont également bien accueilli les déclarations de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, sur une reprise graduelle de l’économie et la détermination de la Fed à amplifier son soutien en cas de besoin ;
  • Enfin, c’est surtout le bon déroulé du déconfinement à travers les différents pays qui a été salué par les investisseurs. A ce stade, une deuxième vague imminente semble écartée, permettant ainsi aux états de continuer d’assouplir les mesures de confinement et faire repartir au plus vite les économies.

Dans ce contexte, les marchés actions internationaux livrent une performance en hausse sur le mois de mai : l’indice MSCI World progresse de 3.7% en euros sur le mois, retrouvant ainsi son niveau de début mars, avant que la plupart des pays entame leur période de confinement. Fait rare pour être souligné, les marchés de la zone Euro ont surperformé les marchés américains, avec un rebond de 4.7% pour l’Euro Stoxx 50 contre 3.1% pour l’indice S&P 500. Ceci s’explique par un appétit retrouvé des investisseurs pour les valeurs cycliques et les valeurs dites «Value » (secteurs de l’énergie, des financières), dans un contexte de reprise plus prononcée de l’activité économique dans les pays en voie de déconfinement. Or, les indices européens ont un biais Value plus prononcé que les indices actions américains. Le marché japonais a bien rebondi également, en hausse de 4.3% pour l’indice MSCI Japan. En fin de période, l’assouplissement des mesures de restriction pour les restaurants et les bars a été bien accueilli, aussi bien que les annonces du gouvernement de Shinzo Abe, visant à augmenter significativement des dépenses budgétaires pour soutenir l’économie.

Les marchés actions des pays émergents n’ont pas suivi la même vigueur que les actions des pays développés, terminant en baisse de -0.78% pour l’indice MSCI Emerging Markets. Le regain des tensions géopolitiques a pesé sur les marchés chinois, tout comme le développement des émeutes sociales avec Hong-Kong, suite à la décision du gouvernement chinois d’y accroître son contrôle. Enfin, la propagation du virus en Amérique Latine, qui est désormais la zone épicentre du virus, a pesé sur la performance de cette zone.

Les marchés obligataires ont également profité de l’optimisme autour du redémarrage progressif des économies avec de solides performances pour les segments de la dette d’entreprise, tant Investment Grade que High Yield. Dans ce contexte, les primes de risques se sont resserrées tout au long du mois et des flux de collecte positifs ont été enregistrés.

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Merci de noter que tout investissement comporte des risques, notamment celui de perte de capital.

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